‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 306 sur 357 · Riant, ibid. p · texte numérisé non relu

Riant, ibid. p

5. « Veneti navigiis et mercimoniis solum intenti. » Ces mots sont d'Innocent III. Ep. I, 539.

6. Les historiens sont partagés sur la conduite que tinrent alors les Vénitiens. Les uns croient & ce qu'on a appelé leur «c trahison » et leur imputent

qui est certain, c'est que ces propositions, qui avaient séduit à Venise le légat même du pape S furent agréées à Zara de nombre de seigneurs et aussi des évoques ^. On jugea que, dans les conditions offertes par Alexis, la voie de Constantinople pour occuper la Terre sainte valait tout au moins celle d'Alexandrie ; et, malgré des résistances suivies de quelques désertions, un traité fut conclu sur ces bases avec le jeune prince, qui ne tarda pas à rejoindre l'armée ^

A la nouvelle de ce traité, Innocent fut d'abord irrésolu, par le désir où il était lui-même du retour des Grecs à l'obédience de Rome. La crainte de voir l'œuvre de la croisade compromise dans une entreprise dont l'issue était incertaine l'emporta toutefois dans son esprit *. Il réitéra aux croisés, sous peine d'excommunication, la défense qu'il leur avait faite de porter leurs armes contre des chrétiens, disant qu'ils avaient pris la croix pour venger, non « l'injure particulière d'un prince, mais l'opprobre du Crucifié *. » Ils ne laissèrent pas de poursuivre leur projet et, gagnant la mer de Grèce, débarquèrent avec Alexis en vue de Constantinople. Le prompt succès de cette entreprise dépassa leur attente. Après 'quelques jours de siège, les Grecs, abandonnés de leur souverain qui avait fui de sa capitale, ouvrirent d'eux-mêmes les portes de la ville au jeune Alexis, qui fut couronné empereur le 1«' août 1203 •. Instruit de cet événement par un mes-

raYortement de la croisade. Les autres nient formellement cette trahison et, persuadés que des causes fortuites ont seules fait dévier la croisade, soutiennent ce qu'on a appelé la « théorie de l'accident. » Outre l'ouvrage de niant, cité ci-dessus et publié en 1875, voir à ce sujet : De Mas-Latrie, Histoire de Vile de Chypre» p. 161-165, gr. in-8, 1861. — N. de Wailly, commentaire à la suite de son édition de Villebardonin, gr. in-8, 1874. — Hanotaux, Les Vénitiens ont-ils trahi la chrétienté en iSOSf Revue historique, an née 1877, t. IV, p. 74-102. — Geffroy, Une enquête française sur les croisades. Revue des Deux-Mondes, 1*' décembre 1883. — Les gestes des Chiprois (publiés par M. de Mas-Latrie), dans le t. II des Historiens arméniens des Croisades, p. 663, in-f-, 1893.

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