‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 31 sur 357 · Annales Romani, — Bonitho, 1. VI · texte numérisé non relu

Annales Romani, — Bonitho, 1. VI

complèto indépendance, n'en était pas moins rallié, par certains côtés, aux réformes romaines *. Résolu à arrêter un schisme qui ajoutait aux troubles où une minorité déjà longue avait jeté TEmpire, Tarchevêque se concerta avec le marquis de Toscane. A la suite d'un accord, auquel il y a lieu de croire qu'Hildebrand ne demeura pas étranger, un synode de prélats allemands et italiens s'ouvrit au mois d'octobre 1062 à Augsbourg. Sans trancher le différend par une sentence définitive, il se montra favorable à Alexandre, et un évéque fut envoyé en Italie pour rétablir la paix*.

Ce changement dans les dispositions de l'Allemagne, quoiqu'il no fût pas décisif, était déjà un gain considérable pour la cause d'Alexandre. Celui-ci, après l'expédition de Cadalotts, s'était retiré à Lucques. Ramené à Rome par le marquis Gottfried au printemps de l'année 1063, il réunit aussitôt un concile où il frappa d'excommunication son rival'. Plus de cent évoques [s'étaient rendus à cette assemblée*. La défaite de Cadaloiis était dès lors certaine. Une seconde tentative qu'il fit sur Rome et que déjouèrent les Normands ^ ne servit qu'à précipiter sa ruine. Elle fut consommée dans un nouveau synode d'évêques allemands et italiens que l'archevêque Anno, au mois de mai de l'année suivante, fit rassembler sur les terres du marquis de Toscane, à Mantoue *. Dans ce synode, plus nombreux que celui d'Augsbourg, l'on déposa Cadaloiis et l'on reconnut Alexandre; et bien que l'archevêque de Cologne eût, au nom de la cour d'Allemagne, réservé

4. Lamherti Annal, — Voy. ZeUer, HisL d'AlUm. t. III, p. 217-219.

2. Héfôlé, Conc. t. VI. p. 415. 416. — Ep, Alex, II ad episc, Halberstad. apud Migne, t. 146, p. 1286. C'est à roccasion de ce concile que P. Damien écrivit sa Disceptatio synodalis, que Gfrœrer (Gregor. Vil, Bd. II) a cru à tort ôlre la reproduction d'un débat qui aurait eu lieu effectivement à Augsbourg, tandis qu'elle n'est qu'une discussion supposée où P. Damien montrait comment on devait défendre la cause d'Alexandre.

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