‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 314 sur 357 · Ihid. ep · texte numérisé non relu

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partir de ce moment, les défections se succédèrent rapidement dans le parti d'Otton. Non seulement plusieurs des princes qui avaient abandonné le duc de Souabe se retournèrent de nouveau vers Philippe; mais quelques-uns de ceux qui jusqu'ici étaient demeurés attachés à Otton commencèrent à hésiter dans leur fidélité. En apprenant ces changements, le pape écrivait : « Les princes allemands sont semblables au roseau de TÉcriture ; ils plient au vent de la fortune *. »

Innocent ne tarda pas à faiblir lui-même dans ses résolutions, et, se mettant pour la première fois en rapport avec le duc de Souabe, envoya en Allemagne le patriarche d'Aquilée, chargé en apparence de lui demander des explications au sujet d'une élection irrégulière qui avait eu lieu à l'archevêché de Mayence *. Philippe ne se trompa point sur le but de cette démarche, et, en répondant au pape sur ce qu'il demandait, il lui adressa un long mémoire justificatif de la conduite qu'il avait tenue depuis l'origine des événements. « Vous avez cru, y disait-il, que je convoitais la couronne par ambition, par goût du faste et du pouvoir. Je n'ai pas à vous apprendre que, parmi les princes de l'Empire, aucun n'était alors ni plus puissant, ni plus riche, ni plus illustre que moi. J'avais de vastes domaines et des forteresses nombreuses et inexpugnables. Je possédais des trésors considérables en or, en argent et on joyaux. A mes biens personnels Dieu m'avait permis d'ajouter d'importants héritages. Avec tout cela, était-il nécessaire que je fusse un ambitieux pour obtenir l'Empire ? On me l'a décerné, parce que nul mieux que moi ne pouvait en soutenir le fardeau, et je l'ai accepté, parce que j'ai vu que mon refus allait livrer la couronne à un ennemi de ma personne et des Hohenstaufen ^. » Il montrait d'ailleurs dans cette lettre un désir sincère de conciliation et un sentiment marqué de déférence envers le saint-

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