‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 321 sur 357 · Schmidt, HisU des Alhig, t. I, p · texte numérisé non relu

Schmidt, HisU des Alhig, t. I, p

2. « Ita per omnes terras multiplicati sunt, ut grande periculum patiatur ecclesia Dei. » Eckbertus, ihid. Certains historiens même ont vu là les efforts inconscients d'une véritable réforme et comme une préparation au protestantisme. Voy. Ùist. littér, de la France, t. XXV, notice de Renan sur J. Victor Le Clerc.

lippe Auguste, dont il avait requis rintervention, n'avait pas répondu à son appel. Les seigneurs de ces provinces, favorables pour la plupart à Thérésie, et en particulier Raimond VI, comte de Toulouse, le plus puissant d'entre eux, n'avaient pas non plus apporté aux représentants du saintsiège l'appui qu'il avait exigé. De leur côté, les évoques, offensés dans leur juridiction par l'étendue des pouvoirs conférés à ces religieux, avaient plusieurs fois refusé leur concours *• Les légats, découragés, ne trouvant de soutien, comme leurs prédécesseurs, ni parmi les seigneurs, ni parmi les évoques, avaient demandé au pape de les décharger de leur mission. Mais Innocent leur avait ordonné de persister. « Si opiniâtres, si incorrigibles que puissent vous paraître les peuples vers lesquels vous avez été envoyés, leur avait-il dit, vous ne devez pas délaisser votre ministère. A l'énergie unissez la patience, et ayez confiance dans le Seigneur, qui saura féconder vos efforts et récompenser votre zèle*.

Venus pour châtier les hérétiques, les légats s'étaient vus réduits à essayer auprès d'eux des moyens de la prédication, et l'abbé de Citeaux avait appelé, pour l'aider dans cette œuvre, douze abbés et un certain [nombre de frères de divers couvents du môme ordre. Mais l'appareil inconsidéré avec lequel ces religieux s'étaient présentés aux populations avait nui à leur dessein. Quand on avait vu arriver ces abbés, tous richement vêtus, à cheval, et suivis d'une nombreuse escorte : « Regardez, s'était-on écrié, regardez ces cavaliers superbes; ils veulent nous entretenir de leur maître Jésus-Christ qui est allé à pied; ces abbés riches et comblés de dignités prétendent nous parler du Seigneur qui a été humble et pauvre M » Ils avaient compris la leçon que contenaient ces critiques, et, renvoyant leurs chevaux et leurs serviteurs, ils s'étaient mis

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