‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 322 sur 357 · Ep. VI · texte numérisé non relu

Ep. VI

3. « Ecce quomodo isti équités praedicant nobis Ghristum dominumsuam peditem, divites pauperem, honorati abjectum et viJem? » Vit, S, Domin, Âcta SS. ang., t. I, p. 399.

à parcourir le pays, nu-pieds S allant, de lieu en lieu, prêcher les hérétiques. Pour être mieux écoutée, leur parole n'avait pas été plus efficace. En vain Innocent, dans une lettre des plus véhémentes écrite au comte de Toulouse, confirma-t-il une sentence d'excommunication qu'un de ses légats, le moine Pierre de Castelnau, avait lancée contre lui^. Voyant que ni la douceur, ni les menaces ne produisaient d'effet, il se décida, et cette fois sans retour, à employer la force. Au mois de novembre 1207, il réitéra à Philippe Auguste l'appel que déjà, à deux reprises, il lui avait adressé, et, répétant les promesses par lesquelles il avait cherché à exciter son zèle, le pressa do nouveau de s'armer contre les hérétiques '. Il ne se contenta pas d'écrire au roi. Avec une lettre circulaire destinée à tous les* comtes, barons et fidèles du royaume, des lettres particulières furent envoyées à tous les principaux seigneurs de France *. Ces lettres n'avaient pas laissé de faire quelque impression sur les esprits, quand Innocent fut informé que, le 15 janvier 1208, Pierre de Castelnau, après avoir une seconde fois excommunié le comte de Toulouse, avait été tué par deux hommes de guerre au service de ce prince.

Cette nouvelle porta au comble la colère du pontife, qui voyait la majesté du saint-siège violée dans la personne de son représentant. Croyant le comte de Toulouse coupable de ce meurtre, il le frappa d'anathème, délia de leurs serments tous ceux qui lui avaient juré alliance ou fidélité, et enjoignit aux prélats de ses domaines de prêcher la croisade contre lui et ses sujets *. Dans une seconde lettre qu'il écrivit à Philippe Auguste, il le conjura, au nom de Jésus-Christ, de « faire peser sur le comte tout le poids de sa royale puissance », de le chasser de ses châteaux et de ses villes, d'en

1. « Paupertatem Ghristi pauperisimitando, in despecto habita. » Ep. IX, 185. Cf. Acta SS. loc. cit. p. 395.

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