Petr. Vall. Gem. c
lui-même « cot art de prudente dissimulation, » en leur rappelant ce mot de T Apôtre : Comme je suis un homme artificieux^ je vous ai pris par ruse \ Vainement le jeune Raimond-Roger, vicomte de Béziers et de Carcassonne, que les croisés se proposèrent d'attaquer d'abord, se présenta à son tour pour se justifier de Taccusation de protéger les hérétiques. L'abbé Arnauld ne voulut pas recevoir sa justification ^. Le 22 juillet 1209, Tarmée orthodoxe arrivait devant Béziers. Les habitants ayant répondu par un refus à la sommation qui leur était faite de livrer les hérétiques, la ville fut assiégée et, malgré une défense héroïque, emportée d'assaut. De Taveu des légats, qui écrivirent au pape le récit de cet événement, plus de vingt mille personnes, sans distinction d'âge ni de sexe, et jusqu'à des ecclésiastiques, furent massacrées par les orthodoxes, qui pillèrent ensuite la ville et y mirent le feu ^. De Béziers, les croisés se portèrent sur Carcassonne qui tomba également en leur pouvoir, et oii ils auraient sans doute commis les mêmes excès si la plupart des habitants n'avaient réussi à s'enfuir. La chute de Béziers, celle de Carcassonne, en répandant la terreur, arrêtèrent les résistances. En moins de deux mois, toute la région qui obéissait à Raimond-Roger fut soumise. L'abbé Arnauld, qui avait présidé à ces violences, réunit alors les principaux chefs des croisés pour décider auquel d'entre eux serait remis le gouvernement du pays, et, sur sa proposition, Simon de Montfort, qui s'était signalé par sa pieuse animosité contre les hérétiques, fut élu vicomte de Béziers et de Carcassonne *.
1. « Id vobis providimus suadendum quatinus, — ad Apostoli dicentis : Cum essem astutus, dolo vos cepi, magisterium récurrentes — ... non statim ab ipso (comité) incipiatis, sed, eo primitus arte prudentis dissimulaUonis eluso, ad extirpandos alios hsereticoa transeatis. » Ep. XI, 232.