Annal. Colon, max
4. Potthast, Reg. pontif.. 31 mars 1211. Cf. ibid. 18 nov. 1210. Voir la lettre du pape aux princes de rAUemiigne, par laquelle est notifiée l'excommunication d'Olton. Ibid. n« 4213.
tachés à son nom, de rallier au delà des Alpes de puissantes adhésions. Il chargea l'archevêque de Mayence, Siegfried, son légat en Allemagne, d*y réveiller les sympathies non encore éteintes pour les Hohenstaufen*. Il sollicita aussi le secours du roi de France. « Que n'ai-je été clairvoyant comme vous sur le caractère d*Otton, lui écrivait-il. Je ne puis même dire qu'à votre égard du moins il maintient ses assurances de paix; il m'a déclaré sans pudeur que je pouvais laisser dans mes archives la promesse écrite qu'il m'en avait donnée^. » Philippe Auguste, qui, par crainte d'une alliance entre l'Angleterre et l'Empire, avait toujours été contraire à l'élévation d'Otton, seconda avec zèle les desseins du pontife. Par les efforts réunis du roi de France et du saint-siège, un parti, dans lequel entrèrent les princes et les évoques qui étaient le plus attachés aux Hohenstaufen, ne tarda pas à se former en faveur de Frédéric. Une diète, rassemblée à Nuremberg au mois de septembre 1211, l'élut roi des Romains, et deux délégués se rendirent en Italie, l'un pour rallier au nouveau roi les villes de Lombardie, l'autre pour notifler cette élection au petit-fils de Barberousse et le ramener en Allemagne ^
Si légitimes que pussent être les griefs du pontife contre Otton, ce revirement soudain dans la conduite d'Innocent ne laissa pas de soulever des récriminations. Des deux côtés des Alpes, on accusa le chef de l'Église de rallumer la guerre civile dans l'unique but de sauvegarder ses intérêts temporels. Un Allemand, à la vérité partisan d'Otton, disait que Constantin
1. Annal, Colon, max. — Raynald. Annal, eccles, anno 1211, n» 3. Cf. Cherrier, Hist. de la lutte fies papes et des empereurs, t. I, p. 440. Dans la lettre ^ui notifie rexcommunicalion d*Otton aux princes allemands, Innocent écrivait : « Deiis... promoveri fecil Saulem in regem, quem ipse reprobavit, et ei .. substitait juniorem qui regnum obtinuit. » Ce moi juniorem semble indiquer que, dès co moment, le pape pensait à substituer Frédéric à Otton.
2. « Respondit quod cartam servaremus in archa. » Not. et Extr. des mss. t. II, 282-284. La lettre est du 1" février 12 M. Voir, dans le Catalogue des actes de Philippe Auguste, L. Delisle, p. 287, 517, une lettre de ce prince à Innocent, lettre non datée et qui nou.s paraît être la réponse à celle du pape.