Annal. Cercan. — Chron. Ursperg
eut révoqué sa donation, s'il eût prévu l'usage qu'en devaient faire les prêtres ^ A Rome même, un moine du nom de Capocci, également favorable à Otton, osa s'écrier,' au cours d'un sermon prononcé par le pape, que « les paroles d'Innocent étaient de Dieu, mais ses œuvres du diable ^. » Par ce revirement en effet, la lutte allait renaître en Allemagne entre les Welfen et les Wiblingen. Elle no devait pas se limiter à l'Allemagne. L'Italie, où, sur l'ordre d'Innocent, l'excommunication contre Otton avait été partout publiée, prenant aussi parti dans le conflit, allait être entraînée en de nouveaux troubles. Par un singulier renversement de toutes les traditions. Milan et avec elle les communes de la vieille confédération lombarde qui s'étaient jadis unies au saint-siège contre l'Empire, poussées par leur haine des Hohenstaufen, s'allièrent à Otton contre le pape, tandis que Pavie et les autres villes qui le plus souvent s'étaient unies à l'Empire contre le saint-siège, restant fidèles à la cause des Hohenstaufen, s'allièrent au pape pour soutenir Frédéric. Ainsi commencèrent, sous les noms de fiuelfçs et de Gibelins, / ces trop célèbres factions qui, adoptant plus tard d'autres vues sans changer do dénominations et qui, divisant les cités et quelquefois, dans les cités, la population même, devaient si longtemps agiter l'Italie ^
Otton s'apprêtait à passer dans l'île de Sicile où il s'était assuré, comme autrefois Marcwald, le concours des Sarrazins *, quand des messagers venus d'au delà les Alpes l'instruisirent de ces événements ^. Remettant à une époque plus propice l'accomplissement de ses projets, il se hâta de reprendre le chemin de l'Allemagne, où il arrivait au mois de mars 1212.
1. C'est le poète Walthor de Vogelweide. Voy. Bossert, Littéral, allem, au Moyen Age» nouv. éd. 1893.
2. M Johanaes Gapotius, qui Ottoni favebat, ejus sermonem interrupit dicens : Os luum os Dei est, sed opéra tua opéra sunt diaboli. » Caesar. Ileist. Miraculor. I, 127.