‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 336 sur 357 · Innocent III, ep. XV · texte numérisé non relu

Innocent III, ep. XV

5. Chron. Sampelr. ap. Mencken. rer. german. t. III, p. 241. Cf. Huillard- BréhoUes, ibid. Introduction, p. 290. Les 20,000 marcs d'argent An que le roi de France avait, d'après le chroniqueur, fait parvenir à Frédéric, sont évalués par Huillard-BréhoUes (qui écrivait en 1859) à plus de six miUions de noire monnaie.

preiniors mois Je rannée 1213, le roi do Bohème, le duc d'Autriche, le comte palatin Henri, propre frère d'Otton, tous les évèqucs de Bavière, les seigneurs et les prélats de Souabe, venaient lui rendre hommage *. C'était toute la Haute Allemagne qui se ralliait au fils de Henri VI. Se voyant dès lors en état de balancer les forces de son adversaire, Frédéric crut devoir donner un témoignage public de son dévouement au saint-siège, première cause de sa fortune. Le IS juillet, dans une diète à Kgra en Bohème, à laquelle assistaient, avec le légat pontifical, tous les princes qui l'avaient reconnu, il prit envers l'Eglise romaine de solennels engagements, qu'il fit consigner dans un écrit destiné à être envoyé à Rome. Dans cet écrit, où il appelait le pape « son bienfaiteur, le soutien de son enfance et TauLeur de sa situation présente », il s'obligeait à respecter, avec la liberté des élections ecclésiastiques, celle des appels à Rome, à maintenir ou à réintégrer l'Église romaine dans toutes ses possessions, et, à l'exemple d'Otlon, spécifiant ces possessions, reconnaissait comme appartenant au saint-siège « l'ancien patrimoine romain, de Ceperano à Radicofani, Spolèto, Ancône, les biens de la comtesse Mathilde, l'exarchat de Ravenne », et même — si l'on en croit certains textes — la Sardaigne et la Corse -. Il promettait enfin de demeurer fidèle au pape en fils dévoué de l'Église, se disait résolu à accroître dans l'avenir les preuves de son obéissance plutôt qu'à les diminuer, et cela, ajoutait-il, en présence et sous la garantie des princes de l'Allemagne, « afin qu'il y eût à perpétuité paix ferme et entière entre l'Eglise et l'Empire ^ » C'était reprendre en son nom et à quelques égards amplifier les engagements contractés et ensuite violés par son compétiteur.

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