‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 337 sur 357 · Le 2 fév. 1213, à la diète de Katisbonne · texte numérisé non relu

Le 2 fév. 1213, à la diète de Katisbonne

2. « Nec non Coraicam et Sardiniam. » Ces mots ne se trouvent, il est yrai, que dans un seul exemplaire. Sauf ces derniers mots, c'était l'exacte répétition des déclarations faites par Olton. Voy. ci-dessus, p. 390, note 2.

3. c Supradicta .. consensu principum imperii .. concedimus, .. ut firma pax et plena concordia in perpetuum inter £cclesiam et Imperium persévèrent. » Pertz, Le(j. t. II, p. 224. Cf. lluiilard-BréhoUes, ibid., 1. 1, p. 268-271.

La guerre, rallumée depuis dix-huit mois en Allemagne, prit soudain un autre cours. Otton jugea, non sans raison, que le péril était du côté de Philippe Auguste, dont la protection était la force la plus réelle du roi de Sicile ; et, au lieu de marcher contre Frédéric, il résolut de porter la lutte en France. Avec les Allemands qui lui étaient demeurés fidèles et les seigneurs féodaux du Nord, tels que les comtes de Flandre, de Boulogne, de Namur, de Hollande, et les ducs de Brabant et de Limbourg, il associa à ses projets le roi d'Angleterre, dont rintention, en cette conjoncture, était moins de seconder Otton que de recouvrer la Normandie et les autres provinces du continent que lui avait enlevées le roi de France *. Quant à Otton, cette guerre qu'il entreprenait contre Philippe Auguste était aussi, comme il le déclarait lui-même, une guerre contre PÉglise et contre le pape ^. Il ne voulait pas seulement vaincre Philippe Auguste, mais le déposséder, et il promettait par avance à ses confédérés, après avoir conquis le royaume de France, de leur. en distribuer le territoire. De même il ne prétendait pas seulement arrêter les entreprises du clergé, mais, en le dépouillant de ses biens temporels, diminuer sa piiissanco. « Comme les prêtres et les moines sont soutenus par le roi Philippe, disait-il, il faudra en bannir le plus grand nombre et priver de leurs biens ceux qu'on gardera. N'est-il pas juste que les terres de l'Église appartiennent aux chevaliers et à ceux qui défen dent l'État, plutôt qu'à cette race débauchée et oisive ? Quant au pape, à qui j'ai tout ôté autour de Rome, je suis décidé à ne lui rien restituer, s'il persiste à protéger Frédéric contre moi '. » C'était ainsi que toujours, dans leurs différends avec le saint-siège, les souverains allemands soulevaient la question du pouvoir temporel.

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