Rog. de Wendov. anno 1212 (in fine
4. Voy. les engagements pris par Louis, à l'assemblée de Soissons d'avril 1213, au cas où l'expédition réussirait et où il serait élu roi d'Angleterre. Rymer, Fœdera, t. I, 1" partie, p. 104.
APOaiiE DU POUVOIR PONTIFICAL 403
veur (lu pontifo, rappela auprès de lui Ingoburge dont il fît cesser alors la longue captivité *. Jean arma de son côté; mais, redoutant la défection de ses barons, auxquels ses exactions, sa lâcheté, ses débauches l'avaient depuis longtemps rendu odieux, il recourut à un moyen qu'il crut propre à conjurer le danger dont il se voyait menacé. Il fit savoir au pape qu'il cédait à l'Église romaine ses États d'Angleterre et d'Irlande; que désormais il les voulait tenir du chef de l'Église à titre de fief et qu'il lui paierait, en signe de vassalité, un tribut annuel de mille marcs sterling, tribut auquel seraient également obligés ses successeurs sous peine d'être déchus de la dignilé royale *. Il ne se trompa point dans ses prévisions. Innocent lui répondit que « l'Esprit divin » lui avait sans doute inspiré de donner au saint-siège son royaume « qui en deviendrait et plus solide et plus glorieux ' ; » et, en môme temps qu'il envoyait en Angleterre un légat chargé de recevoir satisfaction du roi pour les dommages faits aux églises, il manda à Philippe Auguste de cesser ses armements*. Le 3 octobre 1213, dans l'église Saint-Paul de Londres, Jean confirmait publiquement, en présence du légat, la cession de ses États au saint-siège et en faisait dresser un acte scellé d'or qu'il transmettait à Rome. Innocent, qui avait déjà une première fois notifié au roi son acceptation, la réitéra par une bulle du 21 avril 1214, promit de placer lui, ses héritiers et son royaume sous la garde particulière du siège apostolique, et leva enfin l'interdit qui depuis six ans pesait sur l'Angleterre 5. A la vérité, ce qui était « glorieux » aux yeux du pape commençait à être un opprobre aux yeux des peuples. Par