Juin 1215. Bog. de Wendov
6. Août 1215. Bymer, Fœdera, t. I, 1'* part. p. 67-69. Cf. Potthaàt, Rtg. ponHf. n«* 4990 à 4992.
sèrent d'avoir trahi ses engagements, et la sentence pontificale, en donnant de nouveaux motifs à la révolte, n'eut d'autre résultat que de provoquer la guerre civile *.
Cependant une guerre plus terrible, la guerre entreprise contre les hérétiques, continuait à désoler le midi de la France. Malgré de premiers succès remportés par le comte de Toulouse que soutenaient, avec ses vassaux, les populations qui s'étaient soulevées à son appel, Simon de Montfort avait poursuivi sa marche envahissante. La croisade, prêchée une seconde fois dans la France du nord et en Allemagne, lui avait donné de nouveaux renforts, auxquels il joignit des routiers soldés sur les ressourcesque lui procurait la conquête; et Raimond, chassé peu à peu de ses États de la rive droite du Rhône, s'était vu bientôt réduit, de ce côté, à Toulouse et à quelques villes voisines *. Partout les villes pillées, les campagnes dévastées, les hérétiques jetés par troupes dans les flammes avaient signalé les progrès du champion de l'orthodoxie. La répression de l'hérésie ne semblait plus alors être Tobjet, mais le prétexte de la croisade. « Ce n'est pas du zèle de la rehgion que sont animés ces légats, ces abbés, ces prêtres qui nous persécutent, s'écriaient les Toulousains; ce qu'ils veulent, ce sont nos évêchéi et nos prébendes '. » A l'imitation de l'abbé de Cîteaux, Arnauld, qui s'était fait nommer au siège archiépiscopal de Nalrbonne, Simon de Montfort, dont l'ambition égalait le fanatisme, prétendait ajouter de nouvelles possessions à celles que lui avait déjà values la croisade. Sollicité par Raimond, le roi Pierre d'xVragon, le même qui s'était fait le vassal du saint-siège et qui récemment, par sa victoire de las Navas, avait délivré l'Espagne chrétienne de l'invasion des Almohades du Maroc, avait vainement envoyé à Rome des députés plaider auprès du pape la cause du comte