‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 343 sur 357 · Schmidt, Hist. des Albig., t. I, p · texte numérisé non relu

Schmidt, Hist. des Albig., t. I, p

3. Hiat, littér. de la Fr, t. XVII, p. 333. Cf. une lettre des habitants de ToQlonse an roi Pierre d'Aragon, D. Vaiss(Mt|», Eist. du Larifjuedoc, •'ilit. Molinier,'r. VIH, Preuves, n« 161.

406 LIVIIE CINQUIEME

de Toulouse *. A rinstigalion de l'ancien abbé de Cîteaux, des évoques assemblés en concile à Lavaur avaient adressé à Innocent une lettre dans laquelle ils représentaient Raimond comme un ennemi irréconciliable de la foi. « Si la perfide ville de Toulouse n'est pas retranchée de Thydre deThérésio, ajoutaient-ils, il est à craindre que tant de travaux accomplis ne demeurent inutiles. Prenez donc en main le glaive de la justice, nous vous en conjurons en toute humilité, et que périsse cette cité perverse dont les crimes égalent ceux de Sodome et de Gomorrhe ^. »

Circonvenu par ce violent appel à sa sévérité, Innocent avait défendu au roi d*Aragon de s'opposer aux œuvres de rÉglise ^ Ce prince généreux n'avait pas laissé d'embrasser résolument la cause du comte de Toulouse, et il joignit ses armes à celles de son allié. Mais il fut défait et tué dans un sanglant combat livré aux orthodoxes sous les murs du château de Muret ^. Aux transports de joie des vainqueurs, qui célébrèrent Simon comme un autre David *, répondit, de la part des populations méridionales, un redoublement de colère contre « ces prêtres devenus des loups ravisseurs. » contre « ces barons avilis » qui, au nom de la religion, s'emparaient de leurs châteaux et de leurs villes *. Les prêtres cathares, par leurs prédications, et les troubadours, par leurs chants de guerre, excitèrent le peuple à ne pas déposer les armes. Néanmoins la consternation produite par la défaite de Muret avait été trop grande et les forces qui restaient à Raimond étaient trop diminuée^, pour que la résistance pût efficacement se prolonger. Renonçant dès lors à se défendre, le comte do Toulouse et, avec lui, les comtes de Foix et de Comminges^, qui l'avaient le plus soutenu dans cette lutte, envoyèrent à

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