Ep. XVI, 48 (1«' juin
4. 12 septembre 1213. Voir Chanson de la croisade contre les Albigeois^ t. II, c. 131 à 140.
0. Bernard. Guid. Chron. apud Murât, rer. ital. t. III, p. 483.
6. Hisi. littér. t. XVII, p. 536 et ss; XVIII, p. 651. Cf. Schmidl, t. î, p. 25^
Rome solliciter du pape leur réconciliation avec TÉglise. Innocent, qui voyait l'hérésie abattue, parut cette fois se désister de sa rigueur, et, au mois de janvier 1214, un cardinal fut délégué vers ces princes pour recevoir leur soumission et rétablir la paix K
Le nouveau légat, non moins zélé que l'ancien abbé de Citeaux, n'exécuta qu'une partie des instructions du pape. A la suite de longues négociations, le comte de Toulouse et les autres seigneurs obtinrent, ilestvrai, d'être réintégrés dans la communion de l'Église. Mais, loin que ces négociations, ainsi qu'on devait s'y attendre, eussent arrêté les hostilités, Simon de Montfort, que vinrent renforcer de nouveaux croisés, continua de s'avancer dans les Etats du comte. Il y a plus ; usant de cet « art de dissimulation » qui trop souvent, dans cette guerre détestable, avait présidé aux actes de l'Église, l'envoyé du saint-siège n'avait reçu la soumission de Raimond et de ses alliés que pour les désarmer et donner à Simon la facilité d'étendre ses conquêtes. « fraude pieuse, o trompeuse piété du légat I » s'écrie à ce sujet, dans un singulier mouvement d'îidmiratiou, le chroniqueur orthodoxe de la croisade ^. Quand Simon eut soumis la partie du territoire dont il convoitait la possession, le légat disposa on sa faveur de toutes les conquêtes faites sur les « hérétiques », et un synode réuni à Montpellier le déclara « prince et monarque » de tout le pays toulousain, déclaration que le pape ne tarda pas à conlîrmer ^. Philippe Auguste, qui jusqu'ici s'était abstenu de prendrez part à la croisade, crut qu'il importait à ses intérêts de suzerain do sortir de sa réserve et permit iison fils Louis de se mettre à la tête d'une armée contre « les hérétiques toulousains. » Ce fut accompagné du fils du roi de France que Simon, au mois d'avril 1215, prit possession de Toulouse. Le légat et quelques prélats proposèrent de pil- 1er et de brûler ensuite la ville. Mais, Simon hésitant à dé-