Ibid. can
la parole de Dieu et n'exerçaient qu*à prix d'argent Toffice de la prédication K Les lois sur le célibat n'étaient pas mieux observées que les défenses contre la simonie, et Innocent reconnaissait lui-même que plus d'un évêque donnait, sous ce rapport, l'exemple de la licence 2.
Ce n'était pas uniquement dans le clergé séculier qu'on rencontrait ces désordres. L'esprit d'indiscipline s'était étendu aux monastères. Tandis qu'autrefois ils s'ouvraient sans réserve à la piété ou à l'infortune, une rétribution en argent était maintenant exigée de quiconque voulait entrer dans une communauté ^ On voyait de simples religieux, contrairement aux prescriptions monastiques, posséder des revenus, porter, au lieu de la robe de laine convenable à leur état, des étoffes précieuses aux couleurs éclatantes, chausser des éperons d'or et vivre, hors de leurs couvents, de la vie séculière ^. L'abbaye du Mont-Cassin, d'où la règle de saint Benoît s'était, dans les siècles passés, répandue par toute la chrétienté, était alors tombée dans le relâchement le plus complet ^ L'ordre de Cluny, qui, sous Grégoire VIT, avait si puissamment contribué à la régénération do l'Église, n'était pas moins déchu. En 1213, Innocent écrivait que les religieux de cet ordre, par leur cupidité, leur faste, leur licence, causaient autant de scandale qu'ils avaient autrefois, par leurs vertus, donné d'édification •.
Si étendus que fussent ces désordres, ils étaient loin assurément d'entacher l'ensemble du clergé. Mais il en était d'autres qui commençaient à gagner toute l'Église, et dont la cour de Rome était la première cause. Indépendamment de ces distinctions, de ces privilèges, que les successeurs d'Alexandre III et Innocent lui-même n'avaient cessé d'accorder,
1. Goncil. Parisiens, anno 1213, can. 8. Mansi, Conc. t. XXII, p. 818 et ss. — Concile de Rouen, en 1214. HiaL liliér. de la France, t. XVI, p. 165, 166.