Ep. Il
3. Voy. dans La Papavlé nu Moyen-âge» l'étude sur Innocent III, p. i54- 158, 170-172,
De tout cela il était résulté que les évèques, déjà amoindris par Tabus des appels et celui des exemptions et devant, en fait, leur nomination au pape qui pouvait les déplacer, les suspendre ou les déposer à son gro, avaient enfin perdu tout ressort et toute initiative. A peine osaient-ils, dans leurs diocèses, rien décider d'eux-mêmes. A tout moment, ils adressaient des questions au pontife, non pas seulement sur la doctrine, sur le droit, mais sur les sujets les plus insignifiants. Tantôt c'était le cas d'un moine qui avait indiqué un remède à une femme malade; la femme étant morte, l'évoque demandait si le moine devait faire pénitence *. Tantôt c'était le cas d'un écolier qui avait blessé un voleur entré la nuit en son logis, et que l'évèque hésitait, pour ce motif, à recevoir dans les ordres^. Parfois il^ s'agissait d'un mot dont le sens était incertain et dont le pape était prié de fixer la signification ^. Les mariages fournissaient aussi matière à des consultations qui tenaient souvent plus de la médecine que du droit canon, et tellement étranges qu'on ne saurait les reproduire ici *. Ces questions, déjà fréquentes sous Alexandre III, étaient devenues si nombreuses à l'époque d'Innocent, que, dès la première année de son avènement, il disait qu'une de ses -plus habituelles occupations était d'y répondre ^ Le pouvoir grandissant du saint-siège avait ainsi étouffé dans l'Église Tactivité et la vie. Sur la fin du pontificat de Célestin III, un chanoine de l'église de Paris, Pierre le Chantre écrivait au sujet des exemptions : « On semble craindre que, par l'efl'et de ces exemptions, le monde ecclésiastique n'arrive à se démembrer, comme s'est autrefois démembré le monde romain. Mais Dieu ne laissant pas tomber l'Église romaine dans l'erreur, on doit penser que le pape agit en cela par le conseil