‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 355 sur 357 · Rog. de Wendov. — Matth. Paris. Chron. maj, anno · texte numérisé non relu

Rog. de Wendov. — Matth. Paris. Chron. maj, anno

ne faisaient que ce que le pape avait fait lui-même trois ans auparavant. Mais Innocent, qui avait voulu détrôner Jean pour délivrer de sa tyrannie le clergé d'Angleterre ne souffrit pas que des seigneurs et, avec eux, des bourgeois prissent une pareille hardiesse pour sauvegarder leurs libertés. En même temps qu'étaient renouvelées contre les uns et les autres les sentences qui les avaient frappés, il lit défendre au lils du roi de France, sous peine d'excommunication, d'attaquer un prince vassal de l'Église romaine et que rendait inviolable sa qualité de croisé K II manda également à Philippe Auguste do réprimer toute entreprise que son fils voudrait tenter sur l'Angleterre ^. Philippe, tout en refusant de reconnaître que l'Angleterre relevât du saint-siège, attendu, disait-il, « qu'aucun prince ne pouvait donner son royaume sans l'assentiment de ses barons ' », protesta de son dévouement à l'Église romaine et sembla s'opposer au départ de son fils*. Malgré les menaces du pape, malgré l'apparente désapprobation du roi, Louis ne laissa pas Vie réunir des forces à la tète desquelles il ne tardait pas à s'embarquer à Calais, et, le 2i mai 1216, il abordait en Angleterre.

Innocent se trouvait alors àPérouse. 11 avait quitté Rome pour aller dans la Haute Italie s'assurer le concours des flottes de Pise etde Gênes en vue de l'expédition de Terre sainte. Irrité d'une entreprise qui était à la fois un acte de désobéissance à ses ordres et un obstacle apporté à la croisade, il excommunia publiquement le fils de Philippe Auguste au cours d'un sermon qu'il prononça devant le clergé et les fidèles assemblés, et dans lequel il avait pris pour texte ces paroles d'Ézéchiel : Glaive^ sors du fourreau^ et aiguise-toi pour tuer *. Mais les jours du pontife étaient comptés. Ce n'é-

\, Bog. de WendoY. anno 1216.

Page 1