‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 356 sur 357 · Rog. de Wendov · texte numérisé non relu

Rog. de Wendov

4. « Mente, voluntate consensit; sed.. palam assensum non adhibuit. » Matth. Paris. Chron. maj, anno 1216.

5. Guillelm. Armor. De gest. Philip. Aug. Le pape, arrivé à Péroiise le 20 mai 1216, ne dut vraisemblablement connaître que dans la seconde moitié

tait pas impunément que, durant tant d'années, il avait déployé dans dos soins incessants une activité qui embrassait toute l'Europe, et, depuis son arrivée à Pérouse, il avait senti ses forces diminuer. Il ne devait ni assister au départ des croisés pour la Terre sainte, ni voir la fin de ces troubles do l'Angleterre dont il était en partie la cause. Il eut du moins le temps de régler, selon ses vœux, la situation de l'Empire. Le 1®^ juillet 4 216, dans une diète à Strasbourg, Frédéric, qui jusqu'ici avait porté tout ensemble le titre de roi des Romains et celui de roi de Sicile, s'engageait par écrit, aussitôt qu'il aurait reçu à Rome la couronne impériale, à quitter ce dernier titre, à laisser à son fils Henri la totalité du royaume de Sicile et le gouvernement de ce royaume, et à prendre, d'accord avec le pape, toutes les mesures nécessaires à la séparation des deux couronnes *. Cet écrit, rédigé sans nul doute sur l'injonction d'Innocent et peut-être d'après les termes qu'il avait dictés, fut aussitôt envoyé à la cour pontificale. Quand il parvint à sa destination. Innocent n'était plus. Quelques jours après qu'il avait frappé d'excommunication le fils de Philippe Auguste, et dans le moment où il s'apprêtait à lancer la même sentence contre Philippe que, malgré ses protostations, il croyait complice de la désobéissance de son fils, une fièvre mortelle l'avait saisi, et il expirait le 16 juillet 1216 2.

Ainsi finit Innocent IIl, après avoir occupé dix-huit ans, six mois et neuf jours la chaire de saint Pierre, et lorsqu'il se flattait d'ajouter à l'éclat de ce long pontificat par le recouvrement de la Terre sainte. Aucun pape, avant lui, n'avait exercé dans le monde chrétien une aussi grande autorité. Maître presque absolu de l'Église dont il avait attiré à lui

de juin le débarquement de Louis en Angleterre ; d'où l'on peut conjecturer que ce fut dans les derniers jours de juin ou au commencement de JuiUet qu'il lança Texcommunication contre ce prince.

1. Huillard-Bréholles, Hist. dipl. de Frédéric II, t. I, 469, 470. Cet acte débute par ces mots : « Sanctissimo in Ghristo patri et domino suo Innocentio.. Fredericus. »

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