Ep. I
La Goor db Roms.
conduite et laissaient au fourreau leurs armes spirituelles. « Alors même qu'il y aurait pour vous péril de mort, leur mandait-il, vous devez parler et agir en évoques; sinon, je vous croirai complices de ce roi prévaricateur, et je vous frapperai. Quant à Philippe, ajoutait-il, avertissez-le que, s'il ne revient à d'autres dispositions, nous jetterons l'interdit sur son royaume, et que, dans le cas où ce châtiment le laisserait insensible, nous prendrons des mesures pour le priver de la couronne *. » C'était s'attribuer le droit, qu'il allait bientôt revendiquer ouvertement, de déposer les rois.
Cependant ces menaces, ces premières sévérités commençaient de divers côtés à soulever des résistances. Plusieurs des prélats cités à Rome avaient refusé de comparaître. Les décrets sur le célibat avaient excité, non seulement en Italie, mais en Allemagne, en France, de violentes colères contre Grégoire. Des évoques, qui avaient essayé de les faire observer, s'étaient vus menacés de mort par leur propre clergé et n'avaient osé passer outre, tandis que d'autres, dont ces prescriptions contrariaient les désordres, s'étaient abstenus de les publier *. Pour triompher de ce clergé rebelle, Grégoire ne craignait pas de réclamer le concours des princes qu'il savait attachés à l'Église romaine. Écrivant à Rodolfe, duc de Souabe, au sujet de certains évêques qui, reconnus coupables de simonie et d'incontinence, ne laissaient pas d'exercer leur office : « Empêchez ces prélats criminels de célébrer les saints mystères, et, s'il le faut, usez même de la force. Que si l'on prétend que vous excédez vos attributions, répondez que vous agissez pour le salut des peuples et par ordre du saint-siège '. »
Ce dangereux appel au pouvoir séculier annonçait d'autres hardiesses. Dans un synode qu'il réunissait à Rome, au mois de février 1075, Grégoire suspendait ou déposait plusieurs