Ëp. II, 45 (11 janvier
évêques d'Allemagne et de Lombardie, frappait d'excommunication cinq des conseillers de Henri IV, les mêmes vraisemblablement qu'avait déjà frappés Alexandre II, et menaçait le roi de France dos foudres apostoliques *. Il excommuniait également Robert Guiscard, qui, au mépris de ses engagements antérieurs, avait envahi des territoires de TÉglise romaine ^; assimilant ainsi, par une erreur de sa piété, les intérêts temporels du saint-siège aux intérêts de la foi. Dans ce même concile, il abordait enfin cette question des investitures, sur laquelle ses prédécesseurs ne s'étaient prononcés qu'indirectement et qui se liait, à ses yeux, avec celle de l'indépendance de rÉglise. Par un décret, il interdisait, sous peine d'anathème, à tout prince séculier, empereur, roi, duc, comte ou marquis, de conférer l'investiture d'un évêché ou d'une abbaye, et à tout ecclésiastique de la recevoir, la déclarant en ses effets nulle et non avenue '. Soit que, trompé par son zèle, il n'aperçût pas d'abord toute la portée de ce décret, soit que, se bornant à énoncer un principe, il se réservât d'en déterminer plus tard l'application *, il n'établissait aucune distinction entre l'investiture ecclésiastique proprement dite et l'investiture féodale, entre la dignité et le domaine, et, par cette confusion, engageait le saint-siège en des difficultés qui ne devaient se dénouer qu'au bout d'un demi-siècle.
Dans la correspondance qui nous a été conservée de l'illustre pontife, on découvre les véritables sentiments qui ani-