‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 49 sur 357 · Ep. II, 52 a · texte numérisé non relu

Ep. II, 52 a

s. Robert Guiscard n'avait pas renouvelé en 1073, comme les autres princes normands, ses serments envers le saint-siège ; il s'était contenté, vraisemblablement à dessein, de faire parvenir à Grégoire « la promesse de le servir fidèlement. » Aimé, L'ystoire de H Normant, VII, 8. Cf. Delarc« 5. Grégoire VII et la réforme de FÉgUse au onzième siècle, t. III, p. 23-28.

3. Pour le texte de ce décret, voir Hugon. Chron. 1. II. — Anselm. Lucens, contra Guibert. — Cf. Ârnulfi Gesta arehiep, MedioL 1. V, 7.

4. D'une lettre de Grégoire à Henri en date du 8 décembre 1075 (Ep. III, 10), il est permis de conclure qu'il avait en effet l'intention d'apporter, du moins au commencement, certains tempéraments dans l'exécutioii de a# décret.

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maient alors Grégoire et inspiraient sa conduite. S'il voulait retirer le clergé de la sujétion des princes et l'enlever par le célibat aux affections terrestres, c'était afin qu'aucune considération profane ne le vînt entraver dans l'exercice de son saint ministère. Maintes fois, dans ses lettres, il rappelle aux évéques les graves obligations qu'à l'égard du monde leur impose leur caractère. C'est à eux , dit-il, qu'il appartient de réprimer par leurs avertissements la brutalité des princes. En tout évéque il voudrait voir un soldat du Christ prêt non seulement à combattre, mais à mourir pour la foi et la justice. Écrivant à l'archevêque do Mayence, qui, intimidé par les menaces de son clergé, n'osait faire exécuter les décrets sur le célibat : « N'est-ce pas une honte que chaque jour les soldats du siècle affrontent avec courage la mort pour leurs princes, tandis que nous, prêtres du Seigneur, nous craignons de combattre pour lui * ? » Afin d'associer plus étroitement le clergé à ses desseins, il appelle à Rome les évéques nouvellement élus et les sacre de sa main ^; il veut que, conformément aux canons, le métropolitain vienne recevoir le pallium, signe de sa dignité ^ Pour la même raison, il exige de l'évêque, une fois institué, une entière soumission au siège apostolique. Cette soumission, qui est à ses yeux un fondement d'ordre et de discipline, lui parait aussi une application de la loi établie par Dieu même. Il entend, il est vrai, que la hiérarchie soit observée, que l'abbé obéisse à l'évêque, l'évêque au métropolitain; mais il se réserve, s'il le juge nécessaire, de rompre cette hiérarchie. A un évêque qui opprimait un monastère situé dans son diocèse, il disait : « Croyez-vous qu'il vous soit permis d'abuser do votre autorité, et ne savezvous pas que, dans l'intérêt de la religion, le saint-siège peut

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