‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 55 sur 357 · Ep. IV, s (25 août · texte numérisé non relu

Ep. IV, s (25 août

2. Pour les détaUs sur la diète de Tribur, voir Lamberti Annal, anno 1076. — Bruno» Dt bêUo êoxtm. c. 88.

son orgueil. Il résolut d'aller lui-même, avant la date fixée par la diète, solliciter cette absolution de laquelle dépendait la conservation de sa couronne, et, vers la Noël de i076, quittant furtivement la ville de Spire où il s'était retiré, il prit le chemin de l'Italie.

Grégoire se trouvait en ce moment au château de Canossa, sur les terres de la comtesse Mathilde que la mort récente de sa mère Béatrice avait laissée maîtresse entière de ses États*. On assista alors à cet étonnant spectacle du plus puissant monarque de ce temps traversant en hâte l'Alsace et la Bourgogne par un hiver rigoureux, franchissant Tes Alpes au risque de périr, et, accompagné seulement de sa femme, de son fils et de quelques serviteurs, venant implorer la clémence du pontife sous les murs de Canossa, où il demeura trois jours en suppliant, revêtu d'un cilice et les pieds dans la neige *. Grégoire ne consentit à lever l'excommunication que si le monarque coupable jurait de se conformer à l'avenir aux prescriptions apostoliques et s'engageait en outre à ne reprendre les insignes de la royauté qu'après s'être justifié, dans une nouvelle diète, des accusations formulées contre lui à l'assemblée de Tribur. Henri, ayant prêté le serment exigé de son repentir ^, fut enfin admis auprès du pontife, aux pieds duquel il se prosterna la face contre terre, et qui, ému luimême sous son apparente inflexibilité, le délivra des liens de l'anathème et lui donna le baiser de paix ^.

Ce fut dans les derniers jours de janvier 1077 qu'eut lieu cette scène de Canossa, demeurée dans l'histoire comme l'un des faits les plus mémorables qui signalèrent, au moyen âge, la lutte do l'Église contre la société civile et du saintsiège contre les rois. Elle n'eut pas seulement pour résultat

1. Grégoire avait quitté Rome dans le dessein d'aUer en Allemagne, selon le vœu que lui avait transmis l'assemblée de Tribur, pour décider avec les princes sur les affaires du roi et de l'Église. Ep. coU. 17, 18.

2. Lamberti Annal, ann. 1077. Cf. Donizo, Vita MathildU, 1. II, c. 1. Grégoire a retracé lui-même, dans une lettre aux princes allemands (Ep. IV, 12), toute la scène de Canossa.

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