‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 56 sur 357 · Donizo, Vita Mathildis^ loc. cit · texte numérisé non relu

Donizo, Vita Mathildis^ loc. cit

de grandir Grégoire et, avec lui, la papauté dans Tesprit des contemporains ; elle l'éleva au-dessus de lui-même. A partir de ce moment, on le vit déployer une nouvelle vigueur dans l'application de ses réformes et imposer partout son autorité avec une audace voisine quelquefois de la témérité. Cette même année 1077, il faisait publier par ses légats, comme loi générale de TÉglise, le décret sur les investitures, qui n'avait encore été promulgué qu'en Italie *, et, l'année suivante, il le confirmait solennellement dans un concile à Rome *. Pendant que, par ses ordres, se multipliaient les synodes provinciaux', il frappait d'excommunication, suspendait ou déposait nombre de prélats reconnus coupables de simonie ou de fornication,, et étendait à ce point les sévérités qu'il se voyait obligé, par des mesures ultérieures, d'en tempérer les effets^. Entraîné par l'ardeur dont il était animé, il ne se contente plus dès lors de mander à Rome les évoques nouvellement promus et de les sacrer de sa main; il intervient dans les élections', — dans celles du moins que comporte l'état encore troublé de l'Église, — sans se rendre compte que, par cette voie qu'il ouvre à ses successeurs, il risque de compromettre l'indépendance qu'il a voulu restituer au clergé. Il s'enquiert du mérite des prélats qui ont été nommés et, s'il ne juge pas leur capacité suffisante, n'hésite pas à casser l'élection •; parfois il nomme des évêques de sa propre autorité'. Devenu plus impérieux à l'égard du clergé, non seulement il exige de lui une complète obéissance, il ne souffre pas qu'on discute ses décisions. A un évèque qui se plaignait qu'une excommunication qu'il avait prononcée dans son diocèse eût été levée par le saint-siège, il répond que l'Église romaine « a le droit de châtier ou d'absoudre qui elle veut et où elle

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