‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 57 sur 357 · Ep.IV, 4, 5; V, 3, 8; VIII · texte numérisé non relu

Ep.IV, 4, 5; V, 3, 8; VIII

veut *. » Il ne reconnaît ni privilège, ni coutume qu'on puisse opposer à ce qu'il croit juste. « Dieu, écrit-il, n'a pas dit: Je suis la coutume, mais : Je suis la vérité '. »

Cette obéissance qu'il exige envers lui-même, il l'exige envers ses légats, dont les fonctions prennent alors dans l'Église une importance nouvelle. « Celui qui les reçoit nous reçoit, dit-il; écoutez-les, comme si vous entendiez notre voix et que vous eussiez devant vous notre face '. » Il veut que, dans les synodes, ils aient le pas sur les évêques, leur fussent-ils inférieurs en dignité *. En même temps qu'il les charge de s'enquérir des abus qui se commettent dans l'Église, il leur donne toute autorité pour corriger et punir. Quiconque refuse de se soumettre à leurs décisions est frappé par lui de peines ecclésiastiques. Des clercs de l'église de Mâcon, qui s'étaient portés envers l'un d'eux à des actes de violence, durent se rendre à Cluny pieds nus et faire satisfaction devant l'autel de saint Pierre *. Il ne tolère pas plus sur ce point l'indocilité des évêques que celle des simples clercs; et l'archevêque de Reims, qui, sommé de comparaître devant un légat comme suspect de simonie, avait, durant trois années, usé de subterfuges pour éviter de se sou* mettre, est enfin déposé •.

A l'égard des princes, Grégoire se montre également plus hardi et plus impérieux. Poursuivant ces prétentions de suzeraineté universelle qu'il avait déjà manifestées au début do son pontificat, il demande au roi d'Angleterre, Guillaume, dont l'Église de Rome a jadis favorisé l'élévation, de se reconnaître son vassal '. Il revendique la suzeraineté sur la Saxe,qu'il dit avoir été autrefois offerte par Charlemagne au siège apostoli-

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