‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 58 sur 357 · Ep. VI, 2; VII, 12 ; VIII · texte numérisé non relu

Ep. VI, 2; VII, 12 ; VIII

7. Lettre de Guillaume à Orégoire, Mfgne, t. 148, p. 748. Cf. Baron, arnio 1079, n* 25.

que ^ réclame, comme domaine de saint Pierre, la Corse et la Sardaigne ^. S'il ne cherche pas à placer la France dans sa vassalité, il veut qu'à l'imitation do ce qui se pratique en Angleterre, chaque maison de ce royaume paye annuellement un denier à saint Pierre en signe d'obéissance ^. Le domaine temporel de l'Église romaine reçoit, sinon à son instigation, du moins avec son consentement, une extension considérable, et la comtesse Mathilde, se faisant sans doute un pieux devoir d'exécuter la donation de Constantin, lègue, par un acte secret, tous ses États au saint-siège ^. Résolu à enlever aux princes tout pouvoir sur l'Église, il ne lui suffît pas de la retirer de leur sujétion par le décret sur les investitures. Il exige qu'ils la respectent dans ses biens, non moins que dans la personne de ses ministres. Il déclare sacrilège quiconque usurpe les biens ecclésiastiques, et, au concile romain de mars 1078, frappe de nouveau d'excommunication les Normands qui avaient fait invasion sur les terres du saint-siège ^ Encore plus se montre-t-il rigoureux au sujet des violences commises contre les personnes. Informé qu'Alfonse YI, roi de Castille et de Léon, avait maltraité un de ses légats, il mande aussitôt à ce prince de réparer sa faute, le menace des foudres apostoliques, et se dit prêt à partir pour l'Espagne afin de le châtier plus sûrement ^ Il fait plus; en 1079, il dépose, comme indigne de régner, le duc de Pologne, Boleslas, qui avait fait tuer au pied des autels l'évêque de Cracovie, et ce prince, poursuivi par .la disgrâce du pontife, meurt, deux ans après, errant et fugitif ^.

Page 1