‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 60 sur 357 · Ep. con. 26. Cf. Ep. V · texte numérisé non relu

Ep. con. 26. Cf. Ep. V

6. Ep. VI, 14; VU, 23. Yoy. une lettre des Saxons adressée à Grégoire, dans Bruno, De bello saxon, c. 108.

64 LIVHE PREMIER

mois de février 1079. Ces députés prêtèrent serment, au nom de leurs maîtres, que les légats seraient protégés dans l'exécution de leur mandat et leur sentence respectée ^ Mais cette promesse, qu'on pouvait croire sincère de la part de Rodolfe qui avait lié sa fortune à la cause du saint-siège, ne Tétait pas de la part de Henri IV, qui ne voulait pas plus s'humilier devant les représentants du pontife, qu'il n'avait voulu s'humilier devant les princes '. Tout en protestant de sa déférence aux ordres de Grégoire, il s'opposa en fait à la mission des légats et persista dans la résolution, que préférait sa fierté, de triompher de son rival par les armes. Au mois de janvier 1080, entre Mulhouse et Eisenach, il livra à Rodolfe une bataille qui, tout acharnée qu'elle fût, demeura indécise comme l'avait été la première ', et après laquelle chacun des deux rois, se prétendant victorieux, demanda au pape de confirmer, par une sentence rendue en sa faveur, la défaite de son adversaire et la paix de l'Allemagne.

Jusqu'alors, retenu par la pensée où il était sans doute d'amener l'un et l'autre roi à subir squ arbitrage, Grégoire ne s'était prononcé publiquement ni pour Henri, ni pour Rodolfe. Mais, dans cette lutte, il y avait plus qu'une rivalité entre deux princes. Tandis que Rodolfe, fidèle à ses promesses, témoignait par ses actes de son dévouement au saint-siège et favorisait, dans les États qui lui étaient soumis, les réformes pontificales, tous les ennemis de ces réformes, en Allemagne et en Italie, s'étaient ralliés à Henri. Lui-même, à mesure qu'avaient grandi ses forces, avait recommencé ses entreprises contre l'Église. Non seulement il ne tenait aucun compte du décret sur les investitures; il livrait à ses adhérents les évêchés et les abbayes, chassait de leurs sièges les prélats qui lui étaient hostiles et attirait en ses conseils les évêques excommuniés ^. Le soin des intérêts de l'Église en-

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