Ep. VIT, 14 a
2. Voir les lettres violentes qu'écrivirent alors contre Grégoire certains prélats allemands. Vdalrici codex, n*« 60, 61, 62 {Monum, Bamberg. édit. Jaffé.)
La. Cour db Rome. S
à Grégoire un autre pontife. Au mois de mai 1080, il réunit à Brixcn un concile auquel se rendirent, avec un grand nombre de seigneurs, les prélats allemands et lombards, y fit confirmer, dans les termes les plus injurieux, la sentence de déposition jadis prononcée contre Grégoire et élire pape Tun des évèques présents, Guibert, archevêque de Ravcnne, qui prit le nom de Clément III *. Ce Guibert, alors ardent ennemi de Grégoire, était le même qui, vingt ans auparavant, avait, comme chancelier de l'Empire en Italie, adhéré à Télection de Nicolas II. Pendant que, revêtu des insignes pontificaux, il retournait en grande pompe à Ravenne, le monarque gagnait le nord de TAllemagne, où un événement vint encore fortifier son parti. Rodolfe perdit la vie dans une troisième et sanglante bataille qui eut lieu, le 15 octobre 1080, sur les bords de TElster ^. Délivré de son rival, Henri comprit qu'il lui fallait désormais tourner ses forces contre un autre adversaire, et, annonçant le dessein d'aller à Rome installer le nouveau pape et ceindre la couronne impériale, il se dirigea sur l'Italie.
La question qui s'était posée en 1076 se posait encore une fois. Qui allait l'emporter de la papauté ou de l'Empire, de la loi de Dieu ou du droit de l'épée? L'indépendance du saintsiège, celle de l'Église, l'œuvre entière de la réforme semblaient plus que jamais en péril. Grégoire ne se laissa pas ébranler. Après avoir frappé d'anathème au concile romain de février 1081 Henri et ses adhérents', il s'apprêta à la lutte. Déjà assuré en Italie de l'appui de la comtesse Mathilde, il venait de se réconcilier avec Robert Guiscard qu'il avait relevé de l'excommunication, et qui s'était lié envers lui par les mêmes engagements qu'il avait contractés autrefois envers Nicolas II*. Cherchant des secours jusqu'en Allemagne,
1. Acta synodi BrixiDiens. dans Udalrici codex, n« 64. Cf. Bonitho, 1. IX. Guibert ne parait avoir pris effectivement le nom de Clément III qu'après son sacre qui eut lieu en i084.