‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 63 sur 357 · Ep. VIII, 1 a. 7. - Bonitho, 1. IX · texte numérisé non relu

Ep. VIII, 1 a. 7. - Bonitho, 1. IX

il manda à ceux des princes qui étaient restés iidèles à TÉglise romaine d'élire un successeur à Rodolfe, et il leur adressa une formule de serment aux termes de laquelle le futur roi devait jurer obéissance a saint Pierre et promettre d'exécuter ce que lui prescrirait le siège apostolique *. Mais, découragés par la mort de Rodolfe, ces princes hésitaient à reprendre Toffensive. De son côté, la comtesse Mathilde, qui tout d'abord avait préparé une expédition pour expulser de Ravenne l'antipape Guibert, se vit arrêtée dans cette tentative par les nombreux partisans que possédait Henri en Lombardie et qui, à leur tour, menacèrent la Toscane*. L'assistance de Robert Guiscard manqua également à Grégoire. Au lieu do se rapprocher de Rome, le chef normand s'embarqua sur l'Adriatique et fit voile vers Constantinople, conduit alors par l'aventureux projet de s'emparer do la Grèce '. C'étaient autant do circonstances favorables à Henri. Comptant sur un facile succès, le monarque, qui avait franchi les Alpes et reçu à Milan la couronne d'Italie, se rendit à Pavie, où le rejoignit l'antipape, et de là, précipitant sa marche, arriva sous les murs de Rome au mois de mai 1081.

Henri s'était flatté de surprendre Rome par la rapidité de sa course. Mais il y trouva, dit un' contemporain, « des hommes d'armes au lieu de prêtres, des lances au lieu de cierges et des malédictions au lieu d'acclamations*. » Le peuple, dont Grégoire avait exalté la piété et enflammé le courage, résista à toutes les entreprises des Allemands, et le monarque, dont l'armée était trop faible pour commencer un siège qu'il n'avait pas prévu, se résigna à l'humiliation de regagner la Lombardie '. Cet échec releva en Allemagne les espérances de ses ennemis, et, selon le désir do Grégoire, un autre roi, Hor-

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