BoDitho, ibid
mann de Luxembourg, fut élu à la place de Rodolfe K A la vérité, n'ayant encore que peu d'autorité et presque sans armée, il n*était pas pour Henri un rival qu'il pût craindre. Méprisant cet adversaire, Henri, à la tète de nouvelles forces recrutées en Lombardie, reparut devant Rome au printemps de 1082. Cette seconde expédition n*eut pas plus de résultat que la précédente. Les Romains demeurèrent inébranlables dans leur fidélité à Grégoire, et le monarque, qui n'avait réussi qu'à incendier les alentours de Saint-Pierre ^ retournant encore sur ses pas, alla porter la dévastation sur les terres de la comtesse Mathilde. Cette lutte inégale ne pouvait néanmoins se prolonger. Tandis que Grégoire envoyait jusqu'en Épire solliciter le secours de Robert Guiscard^ Henri, au mois de décembre^ se présentait pour la troisième fois sous les murs de Rome, résolu à tout oser pour se rendre maître de la ville. Enfin, l'année suivante, après un siège opiniâtre qui n'avait pas duré moins de six mois et pendant lequel les Romains avaient déployé la même constance, le 3 juin 1083, il pénétrait dans la cité Léonine et s'emparait de l'église Saint- Pierre.
Ce n'était qu'une demi-victoire. Le Transtévère sur la rive droite du Tibre, le château Saint- Ange et toute la ville de la rive gauche demeuraient en la possession du pontife. AGn de se concilier la faveur des Romains, Henri déclara habilement qu'il était disposé, si Grégoire y consentait, à recevoir de sa main la couronne impériale, ce qui semblait la promesse implicite d'abandonner l'antipape. Le peuple, qui avait souffert d'un si long siège, et des prélats même de l'entourage de Grégoire le supplièrent d'adhérer aux propositions du monarque. Mais le pontife, inflexible sur les principes qui avaient jusqu'ici dirigé sa conduite, exigea que Henri IV donnât d'abord satisfaction'. Il consentit du moins à réunir un concile où l'on