Bonitho, 1. IX
aviserait aux moyens de rétablir la paix, et des lettres decon« vocation furent aussitôt envoyées *. En empêchant les évoques d'au delà les Alpes de se rendre à ce concile*, Henri montra combien peu étaient sincères ses offres d'accommodement. Il en donna bientôt une autre prouve. L'jBmpereur de Constantinoplo, Alexis Comnène, qu'alarmait le voisinage des Normands, pressait alors ce prince d'envahir leurs possessions d'Italie et lui faisait passer des sommes considérables on vue d'une entreprise par laquelle il espérait éloigner ces redoutables aventuriers'. Henri employa l'or d'Alexis à se créer dans Rome des partisans, qui lui donnèrent accès sur la rive gauche du Tibre. Ils lui ouvrirent la porte voisine du palais deLatran, et, le 21 mars 1084, ce palais et toute la portion de la ville située de ce côté tombaient en son pouvoir.
Aussitôt qu'il se vit dans Rome, Henri cessa de déguiser ses desseins. II fit d'abord sacrer dans l'église Saint-Pierre l'antipape Guibert*, des mains duquel il reçut ensuite les insignes impériaux; après quoi, décidé à s'emparer à tout prix de la personne de Grégoire, il engagea une lutte meurtrière à travers les rues de l'antique cité, pour arriver jusqu'au pontife qui s'était enfermé dans le château Saint-Ange*. Grégoire, que le peuple commençait à abandonner, allait inévitablement succomber, quand Robert Guiscard, revenu alors en Italie et à qui il avait adressé un suprême appel, se présenta à la tête
1. Les nouveaux éditeurs des Regesta de Jaffé ont placé à tort en 1082 et comme se rapportant à ce concile la lettre Ep. VIII, 51, qui^ par son texte, est certainement antérieure à la mort de Bodolfe. En revanche, ils ont« avec raison, placé en 1083 une lettre de convocation insérée à la date de 1078 dans le Codex lidalricu n« 58 (ep. coll. n« 23) et qui indubitablement a trait à ce synode.
2. Le concile eut lieu le 20 novembre 1083 au Latran et ne compta que quelques prélats de la Gampanie et de la Fouille (Ep. TIIL 58 a). Il n'eut par ce motif aucune importance, et Bonizo ne le mentionne même pas.'
3. Bernold, Chron. anno 1084. — Annœ Comnenœ Àlexiadis, 1. III. 10.