‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 67 sur 357 · Bernold. Chrm. anno · texte numérisé non relu

Bernold. Chrm. anno

3. n 7 célébra les fêtes de Noël de 1084. Au mois de septembre, Robert Guiscard t'était embarqué pour retourner en Grèce.

de concert avec Henri IV, avaient conspiré le renversement du pontife, c'est-à-dire les prélats simoniaques et concubinaires et tous ceux qui, frappés par Grégoire et hostiles à ses réformes, voulaient demeurer dans leurs vices et dans leur abaissement. De quelques prétextes que, dans les diverses phases de ce conflit, les ennemis de Grégoire eussent tenté de couvrir leur résisfance, celui-ci ne s'en dissimulait pas le véritable motif. « Élevé malgré moi sur le trône pontifical, écrivait-il de Salerne dans une lettre adressée à tous les fidèles, — la dernière de celles qui nous aient été conservées, — j'ai été en butte aux persécutions et aux violences des princes des nations et des princes des prêtres, parce que, selon la mission qui m'avait été donnée, j'ai refusé de me taire sur le péril de l'Église, parce que je me suis opposé à ceux qui ne rougissaient pas' de la réduire en servitude, parce que j'ai voulu que l'Église revînt à son ancienne gloire, et qu'elle fût chaste, libre et unie*. »

Ainsi se termina ce mémorable pontiiicat, qui a laissé dans l'histoire de l'Église une trace ineffaçable. On a dit, non sans raison, que Grégoire s'était proposé d'établir l'autorité du saint-siège sur toute la chrétienté, en soumettant le monde au clergé, le clergé à la papauté, l'Europe à une vaste et régulière théocratie. Mais, loin qu'on doive imputer aux égarements de l'ambition ces vues dominatrices, elles furent le dessein réfléchi d'un homme qui, en présence du désordre général de la société, voulut imposer à celle-ci une forme qu'il jugeait celle de la vérité. Dans ses déclarations les plus hardies, dans ses mesures les plus sévères, il se croyait le fidèle interprète des doctrines de l'Église *. Ses célèbres Dictalus reproduisent l'esprit et parfois les termes des Fausses Décrétalos, dont personne ne pensait alors à suspecter l'authenticité ^ Il y a plus ; l'édifice de cette théocratie, que

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