Malaterra, Hi$i. sic, 1. IV, c
s'assurer de l'appui des Normands. Il revint ensuite vers Rome, accompagné de troupes normandes, et, bien que la ville fût alors occupée par Guibert, alla s'établir, non sans péril, dans l'île du Tibre, voisine du Transtévère *. Il y séjourna quelque temps, correspondant avec les Etats chrétiens, et datant ses lettres « de Rome »,* comme pour marquer qu'il en était le maître légitime. C'est de là qu'il désigna Tévèque de Constance, Gebhard, l'un des plus fervents catholiques d'Allemagne, pour représenter le saint-siège « en Allemagne, en Saxe, et en Bavière ^ » De là et, pour ainsi dire, sous les yeux de son ennemi, il adressa aux prélats allemands une encyclique, où il déclarait confirmer sans réserve l'anathème dont avaient été frappés Henri IV et l'antipape et envelopper avec eux dans cette condamnation tous ceux, clercs ou séculiers, qui, à un titre quelconque, leur avaient prêté leur concours *. C'était annoncer le dessein arrêté de ne pas céder devant les schismatiques.
Soit qu'il sentît l'impossibilité d'enlever pour le moment Rome à l'antipape, soit plutôt qu'il fût trop vivement inquiété par les partisans de Guibert *, Urbain ne tarda pas à quitter cette résidence dangereuse, et, dans l'été de 1089, regagnant la Basse Italie, il se rendit à Melfi. Il y reçut l'hommage du lils de Robert Guiscard, Roger, pour le duché de Fouille et de Calabre, et, dans un concile auquel assistaient soixante-et-dix évoques, renouvela les divers décrets de Grégoire tant sur la simonie et les mariages ecclésiastiques que sur les investitures *. Les preuves de fermeté qu'il avait données tout d'abord avaient à ce point disposé en
1. « Romse in insala quse inter duos pontes sita est. » Bernold. Chron, anno 1089. Gregorovius, Storia di Roma, t. IV, p. 316.
2. D'après les lettres qui nous ont été conservées, Urbain parait être resté à Rome du l*' nov. 1088 aux premiers jours de juiUet 1089.