Kp. 165, Migne
frappé Philippe I" au concile do Clermont, il leur adressait ces altières remontrances : « Devons-nous croire que vous ignorez les Écritures, ou serait-ce que, les connaissant, vous oseriez les enfreindre? Si les canons interdisent à un évêque de lever une excommunication prononcée par un autre évêque, à combien plus forte raison les sentences rendues par le saint-siège ne doivent-elles pas être observées dans leur intégrité? Est-il besoin de vous rappeler les prérogatives de la chaire apostolique, prérogatives plus manifestes que la lumière du jour? Qui ne sait que non seulement les évêques, mais les primats et les patriarches eux-mêmes ont été soumis au pape par Tordre de Dieu, et que seul il a le droit de juger toutes les églises, sans qu'il puisse être lui-même jugé par aucune * ? »
Lorsque Urbain se disposait à quitter la France, Philippe !«' se rendit auprès de lui, et, promettant d'abandonner Bertrade, implora son pardon. Mais il n'obtint l'absolution qu'après un certain délai, quand un ambassadeur envoyé par ce prince eût attesté par serment que son maître n'était pas retombé dans son crime; encore le pape exigea-t-il que ce serment fût confirmé par des évêques et des grands du royaume ^ D'Avignon, l'une des dernières villes où il avait séjourné, Urbain regagna la Lombardio. La comtesse Mathilde se porta à sa rencontre pour l'escorter ensuite jusqu'à Rome '. Elle venait alors d'être répudiée par le duc Welf, qui, n'ayant trouvé dans les liens qu'il avait contractés ni un véritable mariage, ni le riche héritage dont il s'était flatté, s'était dégoûté de cette union et, après s'être réconcilié avec Henri IV, était retourné en Bavière *. Mais cette défection, dans les conjonctures où elle se produisait, ne nuisait pas plus à la cause du pontife qu'elle ne servait celle de l'empereur. L'I-