Bernold. anno
4. Héfélé, Conc. t. VII, p. 63. C'est peu avant ce synode, le 5 juillet 1098, àSalerne, qu'Urbain délivra à Roger 1" comte de Sicile, frère de Robert Guiscard, la célèbre buUo (Ep. 239, Migne) exhumée au bout de plusieurs siècles par les rois de Naples et d'après laquelle, se disant légats-nés du saintsiège pour l'île de Sicile, ils prétendaient y avoir toute juridiction sur l'Église. Sans rouvrir les discussions soulevées alors k ce sujet, nous nous bornerons à de courtes remarques. Il nous parait d'abord inadmissible qu'Urbain, avec son caractère et les doctrines qu'il professait sur la puissance pontificale, ait eu la pensée d'aliéner à tout jamais les droits de TËglise romaine sur un point quelconque de la catholicité. Nous croyons en outre avec Baronius, anno 1097, n» 18 et seq., que le privilège accordé par Urbain à Roger I«f et à sps héritiers ne regarde, d'après les termes mêmes de la bulle (quod omni vitse tuse tempore, vpI filii tui Simonis, vel alterius, qui legitimus tui hsBres extiterit), que ce prince, son fils aîné Simon et son autre fils Roger II qui lui succéda en 1101. Un chroniqueur contemporain, qui était parfaitement informé, Geoffroy Malaterrà, Hist, sicul. 1. IV, noua
les violences de Guillaume le Roux avaient contraint récemment de sortir de TAngleterre et qui était venu en Italie *, assistait à ce concile; Le pape prit occasion de sa présence pour signaler à l'assemblée Toppression qui pesait sur les églises d'Angleterre, et il fallut la pieuse intervention du prélat pour qu'il s'abstînt de frapper ce monarque d'anathème 2. Tandis que là aussi Urbain remuait les populations, en Allemagne Henri IV, sans autorilé véritable, accepté toutefois pour souverain par les orthodoxes comme par les schismatiques, ne parvenait à conserver sa couronne qu'en faisant des concessions non pas seulement aux princes qui l'avaient combattu, mais à ceux mêmes dont il avait jadis éprouvé la fidélité, concessions qui ne servirent qu'à TalFaiblir encore ^ A ce prix, il obtint que son fils Conrad fût déposé dans une diète et qu'à la place de Conrad, Henri, son second fils, fût reconnu
semble confirmer cette interprétation dans le passage où, parlant de ce pri- Tilège et de sa durée, il ajoute : « dum ipse cornes advixerit vel aliquis hœredum suorum, zeli pateimi ecclesiastici executor, superstes fuerit. » Ce qui est certain, c'est que, depuis la mort de Roger II et pendant toute la période du moyen âge, ainsi que le remarque Baronius, cette bulle ne fut jamais invoquée par les souverains de Sicile dans leurs différends avec le saint-siège, et qu'au contraire des actes nombreux, émanés aussi bien de ces souverains que du sayit-siège, attestent que l'Église romaine exerça ses droits dans cette lie. Deux documents qui n'ont été publiés que dans ces derniers temps, documents émanés de Pascal U, successeur d'Urbain, viennent encore à l'appui de ce qui vient d'être dit. Par l'un, daté du 1" janvier 1111 (Jaffé-Wattenbach, n« 6286), Pascal charge l'évoque de Catane et l'abbé de Sainte-Euphémie de connaître des accusations de simonie portées contre l'évoque dePalerme. Le seconi (Jaffé-Wattenbach, n» 6562), daté du !«' octobre 1117 et adressé à Roger II, ratifie la bulle concédée par Urbain; mais.outre qu'il la restreint dans son interprétation, il ne vise que Roger I^' et son successeur Roger II, sans parler des héritiers de celui-ci. Pascal y dit en effet : « Sicut in tuis litteris suggessisti, antecessor meus patri tuo legatî vicem.. concessit. Nos quoque tibi post ipsum ejus successori conc:i6simus. » La bulle d'Urbain n'ayant eu, d'après cela, aucun efiet sensible sur la situation générale de l'Église, il nous a paru suffisant de la rappeler dans une note.
1. Eadmer. Hlst. novor, 1. II. Anselme avait quitté l'Angleterre à l'automne de 1097 et était venu à Rome vers la Pâques 1098 trouver le pape, qui, avant d'aller dans la Basse Italie, écrivit une lettre sévère au roi d'Angleterre (Jaffé-Wattenbach, n» 5704).