‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 99 sur 357 · Ep. 103, Migne · texte numérisé non relu

Ep. 103, Migne

3. Ep. 88, Migne. La date de 1103, adoptée par Jaffé dans ses Regesta et par Riant dans ses Archives de POrient Latin, nous paraît de beaucoup pré-

fort de leur lutte avec T Allemagne, n'avaient tenu un semblable langage. L'évèque de Liège répondit à cette lettre par un écrit adressé « à tous les hommes do bonne volonté », et dans lequel, protestant de son orthodoxie et affirmant qu'il n'avait jamais fait adhésion, non plus que son clergé, à l'antipape Guibert, il exprimait sa surprise de cet appel à la violence. « Est-ce parce que nous honorons Henri comme notre roi, disait-il, qu'on nous traite d'excommuniés ? Mais l'Apôtre n'a-t-il pas prescrit d'obéir aux souverains? Quant à l'empereur, s'il est vrai qu'il soit coupable d'hérésie, nous devons prier Pieu de le ramener dans la bonne voie et non pas prendre les armes contre lui. D'où vient ce droit que le pape s'attribue de se servir du glaive temporel, alors que, selon les doctrines de l'Église, il ne devrait employer que le glaive spirituel 7 D'où vient qu'on promette la rémission des péchés à ceux qui s'armeront contre l'empereur ? Je ne trouve rien de pareil dans l'Écriture; et, si Ton accorde ainsi, sans les satisfactions exigées par les canons, l'impunité des péchés, quelle porte n'ouvre-t-on pas désormais à la malice des hommes ^ »

Pendant que Pascal s'efforçait d'allunver en Allemagne la guerre contre l'empereur, les difficultés s^étaient aggravées en Angleterre au sujet des investitures. Loin de se laisser troubler par les menaces du roi d'Angleterre, le pontife avait écrit à l'archevêque de Cantorbéry pour l'encourager dans sa résistance, en même temps qu'il lui avait tratismis les décisions prises au concile de Latran '. Il avait également écrit au roi et lui avait mandé qu'au nom de l'Esprit saint il lui interdisait, comme à tout autre souverain, l'investiture des églises '• Par une seconde lettre adressée à Anselme, il

fêrable à celle de 4102 indiquée par Wattenbach (Jaffé-Wattenbach, n* 5889). Noua croyons de même devoir suivre Jaffé pour placer en février 1103 la lettre ci-dessas adressée au duc de Bavière et que les nouveaux éditeurs des Regesla (Jaffé-Wattenbach, n* 5973) placent en février 1104.

t. Février-Juin 1103. Udalrici codex, n* 113, Jaffé, Monum, Bamberg,

». Sp. 73 (avril UOS), Miguè.

t. Bp. 75 (avrU 1102), Migne.

avait déclaré frappé d'excomunication tout prélat qui recevrait l'investiture de ce prince *. Sans tenir compte de ces avertissements, le roi avait élevé à Tépiscopat son chancelier et un autre personnage de sa cour et les avait investis par la crosse '. Il est juste de reconnaître que, différant en cela de Guillaume le Roux, Henri P' semblait du moins attentif à faire observer les décrets contre la simonie et les mariages ecclésiastiques, et il avait même permis à Anselme de convoquer à cet effet un grand synode à Londres^. Mais il ne s'en montrait que plus opiniâtre sur ce qu'il prétendait être ses droits; et comme Anselme, qui avait refqsé de sacrer les nouveaux prélats, lui opposait une seconde fois les défenses du saint-siège : « Qu'ai-je à faire du pape pour ce qui me regarde, s'ôcria-t-il ; ce que mes prédécesseurs ont possédé dans ce royaume m'appartient aussi, et quiconque veut me l'ôter est mon ennemi '*. » Sur ses instances, Anselme consentit à se faire auprès du pape l'organe de ses réclamations, en le prévenant toutefois qu'il ne demanderait rien qui 'fût contraire au bien de l'Église ; et, vers la fin d'avril 1103, l'archevêque s'embarqua pour Tltalie. Il fut précédé à Rome par un ambassadeur de ce prince, qui, après avoir représenté au pontife que ce serait un opprobre pour le roi de se voir dépouillé des privilèges dont avaient joui ses devanciers, déclara « que jamais son maître, dût-il lui en coûter la couronne, ne se laisserait enlever les investitures *. » Pascal répondit, dans un langage non. moins ferme, qu'il ne souffrirait pas que le roi les gardât inpunément. L'archevêque de Cantorbéry, qui sur ces entrefaites était arrivé à Roiçe et dont la mission devenait dès lors sans objet.

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