SS
«J«. ne rois pa)i qa'il y ait anom^ eltÀngcmewit dans la Btamëre dêtre de l'impératrice ' à Té^rd de PoÉesBkin. Quant à Ini/ii est deyenii d'une - politesse
3m n'est pas habitoelle en lui. L^lévation de StraekoW emenré cependant en sùspetis, et j'« de la peiné à croire ^ue l'impératriee se hasardera à pi^odûire un pouveau farori taùt que le éouite Orlow'ne se sera pas éloi^é^)»'
M. Harris écrivait encore le 10 -novembre suivant t
- « L'intérieur de la cour présente chaque jour . une nourelle scène,' et le bon sens éi les excellentes qualî^ tés de l'impératrice disparaissent au ^lilieu des- soucis que lui causent Petemkih et son favori. Ale:ffiis Orlow ^ai^de le silence, mais quoiqu'il soit traité' avec la disânetion la plus m&rquéev il est évident que Hmpét^trice conserve quelque* ressentiment dU dernier' entreûtm qu'elle a. eu avec lui. Il reste pourtant ici à sa demande. *
• Catherine avait. été si peu ébranlée par les repré-
sentatîôns d'Alexis Qriow- que sa .faiblesse pour Potem-
kiii lui arrachait bientôt après une faveur inouïe. L'i^m*
baSsadeur auglHis écrivait le 1 décembre' 1778: ^
*«P0temkin, après avoir tour à tour employé la persuasion/ la oolère et le désespoir, a enfin obtenu dé l'impératrice la promesse qu'il serait fait duc de Cour^ lande. Le comte Stackelberg, sa créature^- lui assure que son élection sefa saiiictiônnée par le roi de Pologne ; et il espère obtenir Tadhésion. du roi de Prusse en décidant l'impératrice à agir de tout point éonforn^ément à
ses vues. » , . . »
Il est vraisemblable que Catherine avait cru aehe** ter quelque tranquillité par. cette concession, par M. Har*» ris écrivait qoa^e jours après, le 4 décembre:
« L'impératrice continue à être très ^tée ; son es-
pîtt est dlMis un 4tat de troajMe opntiiuiei ; eDe puratk cai pubiio «assî 'rarement qae là déneBOe le permet^ et dkm son intérieur elle ^ n'a. p«s encore roeonvré^ sa bonne kamenr et: sa gaieté aeeontumées. »^
La Ubèfté dimt arait ui^é le comte Alexis Oxlow
eut seulement le réstdtat qu'il- était . facile de prévoira 11 B-était aliéné' par là rimpératrice, et n'ayai^t^paa rUiiié' dn coup Pdtemkin, ce qui était' apparemment une obose impossiUe, le crédit de ce singalier favori n*ien était deyena que pins grand» *M, Harris écrivait à ce
sujet le 18 d^ceiubice: n \ "
« La conversation que > l'impératrice a eue avec le comte Alexis. Orlow n'a pas eu d'autre effet que de je-, ter du firoid entre eux; et de fbrtiâc»r l'influencé . et Kaa* torité du prinee f oteiokin. » >
Le créi^t de ce favori était en effet sans bornes.
H. Harris j itim [ négociait une étroite alliance entre TAngleterre et )a Russie, u avait jusque-là rien pj) ^l)^ t^tlàat, parce qne le. coïnte Panin ^tait- contraire à< tealè
union avec 1^ cabinet anglais. CaÀerine n'y était
guère portée. Au contraire^ les Orlow, surtout le eon^te Alexis, désiraient vivement que Fimpératrice^ eutrftt dans cette nouvelle voie qui l'affranchirait de la dépen-* dance dans laquelle eDe se. trouvait à l'égard du roi de PrusE(e. mais ils étaient sans crédit. Il qc restait évidemment à l'ambassadeur anglais qu'une d^rnièrç ten-t tative à faire, c'était de mettre de. son côté Finfluei^ce de Pôtemkin; car c'était à lui qu'il devait sWresser s'il voulait réussir. M. Harris écrivait le 31 décembrei
«Le cointe Alexis Orlow m'a conseillé fortement
46 parler au prinoe Potéiiaïkm. 11 jest, m'a*t-|l (|k^ tout pnisâaiit, et si/ jaloux tle son poavçir que rien bq peut dire fait xfné. par son entremise. ' S'il est ' indifférent ^à une alliance avec FAngltrterre,^ uQe démàrehe auprès de lui pourra le décider en votre faveur. S'il vous est contraire, des fli^t^ries e.t de bonnes- parolea peuvent faire :chauger un esprit si piobile. Mais quand même il éerait bien disposé pour vous, si vous paraissez le négliger, tous pouv^s être ceriaini qu'il se tournera
contre vous. ». . . ..
\ M. Harris sQivit cet avis ^ et à partir de^ ce moment il entra daflLS d'étroites 'relations . avec^ PotémMo^ qui pourtant ne lui servirent de rien, car la ligne de cetiduite recommandée par. le comte Panin était trop conforme à la politique de la Ihissîe pour, qu'elle. fàt légèrement abandonnée. Potemkin était évidemment sincère âaM l'appui qu41 ne cessa jainais depuis de prêter aux oiavertiires du çabitiet anglaii^. . Mais Catherine prouva dansr cette re'n^ontre qh'élle savait ^u besoi» résister à «on tout puissant favori, lorsque l'intérêt .de , son aBq>:b'e l'exigeait. Il n'en était pas de . même, datiâ . l'intérieur de sa cour, ott sa fktblejsse, trop évidente à tous les regards, fesait souvent oublier que oe caractére indécis, mobile, voluptueux, . Hvré à' toutes sortes d'influences, cachait un esprit profond et un. merveilleux inislinci 'politique. /. ,, . -
Ce n'ëtait pas sans raison que lé' comte Alexis Orlow confessait sa propre impuissance et l'aôc^dant irrésistible de Potém^in. M. Harris écrivait dans cette ipême dépêche du 31 décembre Ï778 : '
« Depuis la singulière conversation dont j-ài fait pjtrt à vôtre àe^igneurie,. l'impératricef a peaA peu» retiré
Ml
"uà wnSkneey^tsBL bienveî^IaBce- ftu comte Alexis Orfow; ^eÙe lui a refuse quelques fàvears insignifiantes qu'il lui demandait ^pour son fils naturel^ et enfin ellp Ta , force p^E' ses mamèi-es à. avoir recours à la méthode, communément en usage- parmi lés Busses, lorsqulls ne sont pas bien en cour, qui est de se coniiner cliez •eux sous, prétexte de maladie. Elle a eiila faiblesse de répéter • au prince Potemkîn. ce qui s'était passé entre eiix,, et il a eu Tart de "lui persuader que tout ce^ ne provenait que de' nii^Iveillauce personnelle et de jalousie. . Le prince 'Orlow li'à pas par.u à la cour depuis trois ^mois.; et le. langage des deux frères, car ils disent très librement ce qu'ils ont. dans l'esprit, est celui d'hommes . désappointés , irrités , et qui prévoient qu'ils ne doivent, pas s'atténdj-e à reprendre jamais leur ancienne - position.
« Strackhow 'continue de .voir secrètenient sa Majesté impériale , mais îl ne porte aucune marque extérieure ou' osteusible^ qui dénote sa faveijr. « Il a été élevé dans' la maison du feu chaticelier Woronzow, etplacé auprès du comte Panin, par son premier commis, M. Bakoûnin , qui est aussi' allié à ' cette, famille; Stra^ckhow n'est pas uii homme démérite ou laborieux; il est adonné/ à une basse bouffpnnerie et il voit mauvaise compagnie ; , mais sa réputation est irréprochable; et on me dit qu'à présent qu'il a une sorte d^indépendance, ses aipis le trouvent obstiné et intraitable.' Le fav<>ri du jour, celui qui porte tous les insignes et qui .a les honneurs, publics de cet emploi^ est toujours le même Korsakow ; c'est nn bon garçon, très so^ et entièrement aux ordres à^n prince Potemkin et de la comtesse Br lices. Ces deux personnes semblent être à présent les maîtres absolus, de l'esprit de Fiibpératrice. Le prii^ce Potemkin est suprême .pour tout ce qui.concierne les affi^îres st^rieusçs et les plaiairs; la comtesse n'intervient ,qué dans les plaisirs,, et /cela par la même raison ' par laquelle dans ies temps passés un noble était chargé de goûter le vin et le^ niéts avant qu'ils fiissépt présentés an souverain.
«La. soif insatiable 'de richesses et de pouvoir est ' I3i grande dans le prince Potemkin qu'il formé perpé-
tnellçment de poureaux prajets^ d'ag^Faûdijëtsemeût • pour luî-mêihe, et 11 în4)ortun€f llmpéraf'rice pûuV 'M- pef^nà-: der de le«. mettre à exéeutioH." Il'^est Bf^is à -pr^oeiart dans là tête de devenir -duc scluveram^ de Oa<^n ou de /Cburlande/» • . ' , ..
M. Harris écrivait encore le 22 j.ântier 1779^:
» « Vâns Sa, vie privée Timpératrice devient' dé jour eu jour plus relâchée et dissipée, eV sa société 'est ^où- ' vent composée, de Jà classée la 'plu,s bas&e^dé ses courtisans. • ' Sa santé ^ouflFre évidemment de la'éonduite quelle mène^ fX les réfléxijôns. qtfelle doit faire, lôrs-, qu'elle considère froidement les' effets de sa conduite . présente, doivent nécessairement Tâltërer: » ; * . . . •
Et en.core le 29 du. même ;pioig : • ' - \- ■
« Botemkin sait' coiniùent il faïit\6'y prendre poiûr • gôuvernei: les passions de i'impératrîcje, et il la maintient dan« un état constant d's^gitation. ;^ t)ans. i:s^ derniers temp« il est dev.énu si jalôu:îi..de soçi pouvoir quil ne souffre pas que personne, à rex<5eption de son favori, et, dé" lui - m$me', se trouve seul avec elle. L^s sommes qu il tire de la cassette. particulière ;soiit. inconcevables, et pomme il jde paie. jamais rien,' personne rie ' peut deviner l'emploi qu'il en fait. »
M. Harris écrivait encore le 9 févf iipr suivant : '
. <c Viiit^rièùr de la cour, . depuis "quinze jours^ présente une scèiie'. constante de désordre et d/iirtrîgûe. . L'impératrice ayant s exprimé ' ^intention de ^ changer, son favori j. un" grand nombre de candidats se sont mis sur les. rangs. Les amis de .StrackÉpy espéraient qu'il lui serait permis. ^e montrer- publiquement lé degré de faveur dont oh croit qu'il jouit depuis si longtemps 'en secret; majs "son défaut de conduite^ joint à. Son obstination, ont rendu leurs plans Impraticables , eC sa- Ma^ , Jesté impériale aurait probablemètit fixé son choix sur) Lewaskow, major des gardes Sîm;éonowsky, si un jeune homme^ nommé Swiékosky, patronné paf înadame Bruce, et pfésenié par elle pour 8u<îcéder à Kôrsackow, nes^é-'