ACTE DEUXIÈME
PÉTAUD
C’est une erreur... je croyais parler à... erreur n’est pas compte.
VOLTEFACE.
Le roi ne peut pas se tromper.
PÉTAUD
C’est juste... j’ai laissé tomber ce Litre... ramassez.
VOLTEFACE, A part, se levant.
Il y a dix-sept ans que je guignais çà 1
Il se rassied.
PÉTAUD, bas A Zéro qui fait un geste de dépit.
Palicnlez. (Haut.) C’est vous, messieurs, que j’ai chargés de l’éducation particulière de la princesse Girandole? — Qu’en avez-vous fait ?
ZÉRO, se levant.
C’est avec le sentiment du devoir accompli, c’est avec, la mâle fermeté d’un conseiller sans peur que j’oserai vous dire sans trembler : Prince, votre fille est un ange !
Il se rassied. — Pétaud essuie une larme.
VOLTEFACE, tirant son mouchoir et s’essuyant les yeux, A Pitois.
Cet homme-là ne peut pas dire un mot sans me faire pleurer.
PÉTAUD, à Volteface.
Comte Volteface, à vous ! t
VOLTEFACE, se levant.
De même que mon illustre collègue, j’aurai le courage de mon opinion. — Il vous a dit : La princesse est un ange !... J’irai plus loin encore, et je vous dirai avec non moins de franchise : Ce n’est pas un ange!... (Murmures des conseillers.) Attendez donc!... c’est deux anges!... c’est trois anges!.... c’est quatre anges!.... enfin, que c’est comme un bouquet d’anges!...