COBENZL
deler (1), ministre de Toscane, qui connaissait le courrier, pour l'assurer que c'était là l'ambassadeur de Sa Majesté Impériale et Royale apostolique.
J'étais depuis quelque temps déjà nommé à l'ambassade de Naples, lorsqu'un jour, à Tsarskoïé-Sielo, l'Impératrice mécontente du comte de Cobenzl, qu'elle y avait fait venir, me dit à travers la table : » Tâchez d'y plaire et de vous y plaire; j'en mets tous les moyens à votre disposition et ne vous défends qu'une chose, c'est de jouer la comédie. Lorsqu'on est chargé de me représenter, il faut renoncer à faire tout autre personnage. " Le coup était rude, mais il frappait juste. On accusait dans le temps ce négociateur d'avoir joué la comédie, avant en poche la nouvelle de la mort de Marie-Antoinette, mais je ne l'ai jamais cru. Il était capable d'une bassesse pour réussir, mais non d'une infamie aussi gratuite. Mme de Rhumbeck, fort inconsidérée dans ses propos et dans ses plaisanteries, et pour qui l'idée d'amuser son frère était l'affaire principale, lui aurait nui infiniment si la fortune de M. de Cobenzl n'avait été comme une destinée irrévocable. Il eut à sa première ambassade de Russie le dégoût de la voir renvoyée de Saint-Pétersbourg. Arrivé depuis à celle de Paris sous le Consulat, il allait toutes les aprèsdiner faire le trio (? de Mme Buonaparte. On le faisait attendre, souvent on le renvoyait sans le voir, mais il revenait dévotement s'y ennuyer de mépris trop méri-
(l Einiuanuel-Jean-2sépoinucène Sedtleler, ministre de Toscane à la cour de Russie, eut un Hls, le baron Ludvig Ivanovitch (en russe), qui prit du service dans l'anuée russe et se fit naturaliser. Il est la souche d'une fauiille de militaires qui se sont distin{;ués au cours des guerres que la Russie a soutenues pendant le dernier siècle.
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tés. 11 est vrai que la plupart du temps il réussissait dans sa besogne, mais avec de tels moyens, lorsqu'il ne s'agit pas du salut de la patrie, la réussite est-elle un titre de gloire, et même un homme comme il faut lui doit-il de tels sacrifices ?
C'était un homme usé par les veilles et par la bonne chère; car, malgré l'amour qu'il affectait pour les femmes à la mode, le plaisir n'aurait guère contribué à le faire mourir à cinquante ans. Son peu de fortune et celle plus considérable du comte Philippe passa avec leur nom à un comte de Goronini, gentilhomme de Styrie ou de Garniole comme eux. La mémoire du père du comte Louis est restée chère aux Belges qu'il avait gouvernés en qualité de plénipotentiaire (?) sous le prince Charles de Lorraine, frère de l'Empereur François.