‹ La cour et le regne de Paul Ier;Chapitre 32 sur 54 · LE BARON D'ANSTETT · texte numérisé non relu

LE BARON D'ANSTETT

qu'ici le ministre dictait, le secrétaire corrigeait la rédaction improvisée et alors c'était le prince qui copiait péniblement le brouillon que souvent il ne savait pas lire. Le secrétaire enlevé au comptoir d'une boutique, et qui ne me parut d'abord qu'un gros garçon allemand, devint M. d'Anstett, ministre plénipotentiaire de l'Empereur Alexandre dans les occasions les plus importantes (1), cordon rouge, enfin en tous points un personnage, que Buonaparte haïssait à mort et réclama comme sujet. Il avait le défaut de boire et cela parut dans une occasion assez particulière. Étant ivre et assistant à la cérémonie par laquelle lord Aberdeen recevait l'Empereur Alexandre chevalier de l'ordre de la Jarretière, il se mit pendant un silence religieux à dire tout haut : » Quelle... farce! » L'Empereur, qui peut-être était de son avis, borna sa colère à faire mettre à l'ordre du jour qu'on ne devait point traiter d'affaires avec son conseiller privé d'Anstett l'aprés-dîner. On aimait les parvenus, un grand seigneur y eût perdu sa place.

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