‹ La cour et le regne de Paul Ier;Chapitre 42 sur 54 · LE CHEVALIER DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER DE BOUFFLERS

sans rien dire, c'est le docteur Le Change. Je crois entendre Martin argumentant contre Pang^Ioss. L'avenir est là comme un puits sans fond où l'œil le plus perçant ne voit g^outte — et quand même on pourrait y voir, je crois que je n'aurais pas envie de reg^arder. Enfin, monsieur le comte, ma pensée est poussée à bout.

Si vous avez fait une pause à Genève, j'espère que dans votre première lettre vous pourrez me parler de nos amis. Vous me direz encore quelques tristes mots sur notre pauvre amie et vous me ferez douloureusement plaisir. Dix fois j'ai pris la plume pour écrire dans cette famille, dix fois je l'ai jetée. Mon cœur racorni ne sait plus rien dire de ce qu'il voudrait dire. Les voyez-vous? leur écrivez-vous? Parlez-leur du triste Allobroge, du bon vrai ami qui ne les oublie point, quoiqu'il soit mort depuis 1798. Si jamais ils me voient, ils pourront croire aux revenants.

Bonjour et bonsoir, monsieur le comte, voilà une sotte lettre, mais vous m excuserez, j'espère, et au lieu de me gronder, vous m'aimerez. J'y compte infiniment lorsque je songe à la date de cette lettre.

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