LE CHEVALIER DE BOUFFLERS
Ce 25 octobre 1810.
J'espérais aller vous remercier mardi dernier à Montallègre, monsieur le comte, des excellents conseils qu'un intérêt bien flatteur pour moi vous a dictés;
• (i) Boufflers (Stanislas, marquis de) 1737-1815.
vos LES CORRESPONDANTS DE GOLOVRINE
mais nous avons appris que vous avez été retenu, comme nous devions nous y attendre, chez des amis si dignes de vous aimer et que vous rendez si heureux.
Au reste, ce n'est point de vos élog^es que je vous suis obHgé, mais bien de vos critiques. J'y mets la même différence qu'entre la politesse et l'amitié et je me sens bien plus en fonds pour vous rendre l'une que l'autre.
Je profiterai avec avidité de la plus grande part de vos avis et je vous importunerai même pour en avoir de nouveaux ; je les priserai comme des diamants tirés de l'écrin de la magnifique princesse d'Amalfi (I), et si, parmi ces diamants, il y en avait que je ne pusse mettre ni au collier d'Ogive, ni au chapeau de Gulistan, je ferai comme beaucoup de joailliers, je les garderai pour moi. Ce n'est pas la peine de vous assurer, monsieur le comte, de tous les sentiments que vous inspirez à tous les heureux que vous faites; il nous importe beaucoup plus de vous assurer des nôtres et de vous demander de nous mettre souvent à portée de cultiver une si précieuse amitié.
Ce n'est pas le tout d'écrire une lettre charmante, qui sera placée dans mes archives, il faut encore venir en recevoir mes remerciments. J'ai été très agréable-
(1) Allusion nu roman du comte Féclor, lu Princesse d'Amalfi.
/2) Lettre écrite après \a pabUcation d' Eugénie et Matliilde, ea l^il.