‹ La cour galante de Charles II [microform], d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 10 sur 22 · LA COUR GALANTE DE CHAÏILKS II · texte numérisé non relu

LA COUR GALANTE DE CHAÏILKS II

que par les habitudes et par la chaîne de ses bâtards. Tout d'abord, les rivales lui ont porté ombrage. A la fin de 1668 encore, elle ne pouvait voir Moll Davis allumer Charles II sans en devenir cramoisie (i), beaucoup plus peut-être de l'affront public que par jalousie réelle. Mais on l'a mise à

uncj rude école.

La duchesse de Richmond, jadis son amie, sa complice, son alluineuse, Va supplantée, et elle sent que d'autres femmes, aussi instruites qu'elle dans les manèges de la volupté, peuvent demain faire leur apparition dans la vie du roi et devenir à leur tour des habitudes. Pendant dix ans, elle se cramponne.

Pendant dix ans, comme la Pompa do ur vieillissante, elle renonce au rôle effectif de maîtresse pour se faire le ministre des plaisirs licencieux du roi. Jadis, elle faisait et défaisait les ministres dans son lit. C'est au lit des autres qu'au déclin de sa puissance elle doit le titre de duchesse de Cleveland et obtient pour ses deux fils les titres de marquis de Sou-

Madame Ilughes.

Portrait par Peter Lely (1677).

(1) Journal de Pepys, 21 décembre 1668.

LE RÈGNE DE BARBARA PALMER

thampton et de comte de Northumberland (i). C'est au lit des autres qu'elle doit des pensions, des droits sur les fermes, des droits sur le Post Office, la réversion de tous les baux du roi, la réversion de tous les emplois à la douane et à la chancellerie (2). Et les poètes l'enivrent de leurs flatteries et Dryden la compare à Caton ; « Jadis les vertus de Caton luttèrent contre les Dieux, ils accordèrent leurs préférences aux vainqueurs, lui s'attacha aux vaincus, mais vous, vous avez fait ce que ne put faire Caton. » N'a-t-elle pas fait jouer et réussir une pièce de Dryden? Mais toute TAngleterre la maudit, si bien qu'il n'y aura qu'une femme plus maudite qu'elle, c'est la maîtresse qui va partager et ruiner son empire.

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(1) 3 août 1670. — Forneron. Louise de Keroualle, 44.

(2) Jesse. Memoirs, III d'après Marvell.

LA COFR GALANTt: DE CHAÎILKS H

que par les habitudes et par la chaine de ses bâtards. Tout d'abord, les rivales lui ont porté ombrage. A la fin de i()()8 encore, elle ne pouvait voir Moll Davis allumer Charles II sans en devenir cramoisie (i), beaucoup plus peut-être de l'affront public que par jalousie réelle. Mais on l'a mise à

une' rude école.

La duchesse de Richmond, jadis son amie, sa complice, son alluiiieiise, Ta supplantée, et elle sent que d'autres femmes, aussi instruites qu'elle dans les manèges de la volupté, peuvent demain faire leur apparition dans la vie du roi et devenir à leur tour des habitudes. Pendant dix ans, elle se cramponne.

Pendant dix ans, comme la Pompa do ur vieillissante, elle renonce au rôle effectif de maîtresse pour se faire le ministre des plaisirs licencieux du roi. Jadis, elle faisait et défaisait les ministres dans son lit. C'est au lit des autres qu'au déclin de sa puissance elle doit le titre de duchesse de Cleveland et obtient pour ses deux fils les titres de marquis de Sou-

M a dame Hughes.

Portr;tit par Peter Lely (1677).

LE REGNE DE BARBARA PALMER

thampton et de comte de Northumberland (i). C'est au lit des autres qu'elle doit des pensions, des droits sur les fermes, des droits sur le Post Office, la réversion de tous les baux du roi, la réversion de tous les emplois à la douane et à la chancellerie (2). Et les poètes l'enivrent de leurs flatteries et Dryden la compare à Caton : « Jadis les vertus de Caton luttèrent contre les Dieux, ils accordèrent leurs préférences aux vainqueurs, lui s'attacha aux vaincus, mais vous, vous ave- fait ce que ne put faire Caton. » N'a-t-elle pas fait jouer et réussir une pièce de Dryden? Mais toute l'Angleterre la maudit, si bien qu'il n'y aura qu'une femme plus maudite qu'elle, c'est la maîtresse qui va partager et ruiner son empire.

(1) 3 août 1670. — Forneron. Louise de Keroualle, 44.

(2) Jesse. Memoirs^ III d'après MarvelL

(1) Journal de Pejfys, 21 décembre 1608.

Là guerre des MAITRESSES

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La Gueppe des Maîtresses.

VANT le règne de Charles II, les femmes ne paraissaient pas sur le théâtre en Angleterre. Les rôles féminins des drames et des comédies de Shakespeare étaient tenus par des hommes et l'on sait que c'est à l'un de ses acteurs que furent adressés les fameux sonnets amoureux (i).

Sous Charles II, par réaction contre le puritanisme, les femmes parurent sur la scène, et non contentes d'y remplir les rôles féminins, inaugurèrent le règne du travesti. Pepys, grand amateur de théâtre, signale cette innovation. Il admire une actrice qui paraît en scène en costume d'homme. Elle a les plus belles jambes qu'il ait jamais vues et il en a été charmé. Tout cet auditoire de beaux et de galants, que nous peint la littérature du temps, était, comme lui, à pareille fête. Dès cette époque, le théâtre est un des lieux de rendez-vous de la galanterie. Les poètes nous peignent les gens à la mode, un Sidney ou un Killigreve arrivant à la Comédie : « Il s'avance au milieu du parterre, se pavane un instant pour faire admirer son mérite, tire son peigne, ajuste sa perruque, appelle la marchande d'oranges pour lui donner le prix qu'elle demande de ses fruits et sacrifie le plus beau à l'autel du masque le plus voisin. Alors, il s'asseoit gravement et s'endort à moitié, à moins que quelque fille pétulante ne le tienne éveillé en lui marchant sur le pied ou en lui tenant quelque propos licencieux. Puis, tout d'un coup, pour montrer qu'il est à la fois bel esprit et critique, il se dresse, et avec

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