LA COUR GALANTE DE CHARLES H
liaison avec Charles 11. Le duc de Buckinghain étant entré dans Vappartement secret de son maître, sous prétexte de l'y attendre pour l'entretenir d'affaires importantes, y trouva la comédienne et la pressa très fort. Nell s'en plaignit en termes très vifs et Buckingham faillit être chassé de la
Cour(i).
La duchesse de Portsmouth avait à ce moment d'autres adversaires. Le duc d'York, à la nouvelle que les jésuites avaient amené Louis XIV à congédier M'"« de Montespan, n'avait trouvé rien de mieux que de venir, tout joyeux, raconter la chose au roi et à sa maitresse. La duchesse en fut toute décontenancée (2). Parmi les gens des ports, le bruit courait que par la duchesse de Portsmouth, que l'on appelait Garwell, l'Angleterre était entièrement à la merci de la France. C'était pour elle, disaient-ils, que le roi avait vendu Tanger. Le roi de France allait acheter les autres colonies. Aussi affichait-on sous un portrait à cheval du roi un placard portant que Charles II était pire que son père, et qu'ayant mécontenté tous ses amis, il allait être contraint d'aller vivre en France avec la « Carwell ». Celle-ci avait fait transporter dans les dix-neuf derniers jours, dit un affidavit du 6 décembre 1675, dix-sept mille livres en France (3). On publiait une amusante pasquinade, La Bataille divertissante entre deux chiens de manchon du pays d'Utopie. Les deux toutous Tutty et Courte Gueule, le premier appartenant à Nell Gwynn et le second à la duchesse de Portsmouth, entamaient une discussion plaisante et hargneuse sur les mérites respectifs de leurs maîtresses. La querelle allait se terminer par une bataille, quand les dames rivales entraient brusquement. «Je vous en prie, Madame, disait la duchesse de Portsmouth, laisses libre champ à mon chien, je proteste. Vos jupons le gênent pour s'attacher à son adversaire. La loyauté est la loyauté.
(1) Forneron. Louise de Keroualle, 61.
(2) Burnet. Histoire d'Angleterre, II, 86,
(3) Calendar Siate Papers, domestic . Charles II, \X1.
Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth. Portrait par Peter Lely, gravé par G.-E. Wagstaft
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*-^ Madame, je croyais vraiment en savoir aussi long que vous sur la manière de faire battre les chiens, répliquait Nell, mais puisque vous avez la prétention de m'apprendre comment on s'y prend en France, je vous prie. Madame, de vous tirer un peu à l'écart, si vous tenez à votre chair, car mon petit chien est des plus matois et il flaire une demoiselle papiste de fort loin. Je vous avertis, madame, vous vous trouvez sur un terrain dangereux... Hallo! hallo ! hallo ! Ah brave Tutty ! Ah vaillant Courte Gueule ! Une guinée sur Tutty ! Deux contre une sur Tutty ! Bien travaillé dit Monsieur ! Par Dieu ! par Dieu ! J'ai perdu près de dix mille livres! Tutty... on dirait qu'il a battu Courte Gueule. Tutty rentre victorieux à la maison. Adieu (i). » La Française est devenue si impopulaire, si détestée que c'est maintenant à qui prendra le parti de Nell Gwynn. Un orfèvre expose un service de table coûtant fort cher, qu'il a fait par ordre du roi pour la duchesse de Portsmouth. Les gens s'attroupent par curiosité devant la boutique et se répondent en malédictions contre la duchesse : «Ah ! puisse cet argent être fondu pour qu'on le lui verse dans la gorge, » disent les uns. Et d'autres rispostent : « C'est mille fois dommage que Sa Majesté n'ait pas destiné ce présent à Mme Nell (2). » Un jour, à Oxford, Nell Gwynn se promène en carrosse. On la hue, la prenant pour sa rivale. Sûre de son empire, elle passe sa tête à la portière. « Je vous en prie, braves gens, calmez- vous. Je suis la p... protestante. » Mais voici qu'en janvier 1676 arrive à Londres, la belle, la merveilleuse Hortense Mancini, duchesse de Mazarin. Mariée par le cardinal au duc de la Meilleraie, espèce de fou qui barbouillait les peintures du Titien et du Corrège sous prétexte qu'elles s'écartaient des règles strictes de la décence et brisait les statues de la galerie du cardinal (3) ; qui déclarait au roi que l'ange Gabriel l'avait averti qu'il
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(1) Jesse. Memoirs, III, 383.
(2) Gentlemen'» Magasine, 1752, t. XXII, p. 199.
(3) Lettre* du comte de Bussy-Rabutin, t. II, p. 42.
LA GUERRE DES MAITRESSES
arriverait malheur à son maitre s'il ne rompait pas ayec Mlle de La Vallière (i), la duchesse de Mazarin n'a pu s'entendre avec un mari aussi extravagant. Elle s'est d'abord retirée au couvent des filles de Sainte-Marie de la Bastille où se trouvait déjà la marquise de Courcelles dont Louvois était éperdument épris.
Mazarin et Courcelles Sont dedans un couvent, Mais elles sont trop belles Pour y rester longtemps (2).
Elles prennent pour tâche de rendre folles les religieuses et de les mettre sur les dents. On les envoie à l'abbaye de Chelles et là elles soutiennent un siège contre le duc de Mazarin. Les beaux-frères d'Hortense, le comte de Soissons et le duc de Bouillon, viennent la délivrer. Mais, comme le procès que lui fait son mari devant le Parlement menace de tourner mal, elle s'enfuit en Lorraine, puis gagne l'Italie où elle séjourne longtemps à Venise, à Vienne et à Rome. Elle obtient ensuite de la faveur du roi de rentrer en France, se fait renvoyer plus ou moins volontairement en Italie, et c'est après maintes équipées à travers la Savoie, l'Allemagne et la Hollande qu'elle arrive à Londres.
Le duc d'York lui donne l'hospitalité dans sa maison et le roi d'Angleterre l'y fait complimenter. « Voyageuse comme le soleil, et éclatante comme lui, à travers le monde s'avance la belle Mazarin, » chante Waller. Elle a pour mentor M. de Grammont. « Pour moi qui ne l'avais pas vue depuis les premiers jours de son mariage et qui m'en étais conservé l'idée, écrit Ruvigny à Pomponne, j'y ai remarqué un changement qui n'empêche pourtant pas qu'elle soit plus belle que tout ce qui est en Angleterre... Elle est entrée dans la Cour comme Armide dans le camp
(1) Mémoires de l'abbé de Choisy.
(2) Chansonnier de Maurepas.
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de Godefroy. On parle d'elle partout, les hommes avec admiration, les femmes avec jalousie et inquiétude. Tout le monde est ici dans l'attente de quelque changement extraordinaire, et on s'imagine qu'une dame si vantée ne peut manquer d'y produire des aventures (i). »
On présage la chute prochaine de la duchesse de Portsmouth. Nell se met en grand deuil par railleries. La duchesse de Cleveland que Churchill, le futur Malborough pille depuis longtemps, a été abandonnée par lui, et quand elle réussit à l'attirer de nouveau dans son alcôve, Charles II, qui le prend en flagrant délit de braconnage, se contente de lui dire : « Je vous pardonne, vous faites cela pour avoir du pain (2). » De dépit, la dame part pour la France avec ses deux fils. Précisément à ce même moment, la duchesse de Portsmouth fait une chute de voiture, dont les suites la séparent pour quelque temps du roi. Les chemins sont libres pour la duchesse de Mazarin et elle est si belle qu'elle semble irrésistible. « C'est une beauté romaine, dit Saint- Evremond. La couleur de ses yeux n'a point de nom, ce n est ni bleu ni gris, ni tout à fait noir : la douceur des bleus, la gaieté des gris et surtout le feu des noirs. Il n'y en a point de si doux (3). » Charles II n'y résistera pas. On remarque en juillet que le roi, s'il continue à donner publiquement à la favorite tous les témoignages d'amitié et de considération qu'elle peut désirer, ne la voit plus que bien accompagné. « Cependant, observe Courtin, c'est un prince qui va au fait. Je sais que M^e de Mazarin lui plaît fort et je vois qu'il n'oublie rien pour dépayser Mme (Xe Portsmouth sur son sujet (4). » Quelques jours plus tard, l'envoyé français peut confirmer ses premiers soupçons. « Je vis hier, raconte-t-il le 6 août à Louvois, une chose qui me fit la plus grande pitié du monde, et qui vous^aurait peut-
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Cl) Forneron. Louise de Keroualle, 101.
(2) Forneron. Louise de Keroualle. 13 et 141.
(3) Œuvres de Saint-Evremond, VIT, 129.
(4) Forneron. Louise de Keroualle^ 115.
Horiense de Mancini, duchesse de Mazarin, Portrait par Peter Lely, gravé par Walck.
de Godefroy. On parle d'elle partout, les hommes avec admiration, les fenimes avec jalousie et inquiétude. Tout le monde est ici dans l'attente de quelque changement extraordinaire, et on s'imagine qu'une dame si vantée ne peut manquer d'y produire des aventures (i). »
On préscige la chute prochaine de la duchesse de Portsmoutli. Nell se met en grand deuil par railleries. La duchesse de Cleveland que Churchill, le futur Malborough pille depuis longtemps, a été abandonnée par lui, et quand elle réussit à l'attirer de nouveau dans son alcôve, Charles JI, qui le prend en flagrant délit de braconnage, se contente de lui dire : « Je vous pardonne, vous faites cela pour avoir du pain (2). » De dépit, la dame part pour la France avec ses deux fils. Précisément à ce même moment, la duchesse de Portsmouth fait une chute de voiture, dont les suites la séparent pour quelque temps du roi. Les chemins sont libres pour la duchesse de xMazarin et elle est si belle qu'elle semble irrésistible. « C'est une beauté romaine, dit Saint- Evremond. La couleur de ses yeux n'a point de nom, ce n'est ni bleu ni gris, ni tout à fait noir : la douceur des bleus, la gaieté des gris et surtout le feu des noirs. Il n'y en a point de si doux (3j. » (Charles II n'y résistera pas. On remarque en juillet que le roi, s'il continue à donner publiquement à la favorite tous les témoignages d'amitié et de considération qu'elle peut désirer, ne la voit plus que bien accompagné. « Cependant, observe Courtin, c'est un prince qui va au fait. Je sais que M^e de Mazarin lui plait fort et je vois qu'il n'oublie rien pour dépayser Mm« de Portsmouth sur son sujet (4). » Quelques jours plus tard, l'envoyé français peut confirmer ses premiers soupçons. «Je vis hier, raconte-t-il le 6 août à Louvois, une chose qui me fit la plus grande pitié du monde, et qui vous^aurait peut-
fl) Forneron. Louise de Keroualle, 101,
(2) Forneron. Louise de Keroualle. 13 et 141.
(3) Œui^res de Saint-Evremond, VIT, 129.
(4) Forneron. Louise de Keroualle^ 115.
Hortense de Mancini, duchesse de Mazarin. Portrait par Peter Lely, gravé par Walck.
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être attendri tout sage et tout vertueux que vous êtes. J'allai chez Mme de Portsmouth. Elle m'ouvrit son cœur, en présence de deux filles qui sont à elle. Ces deux filles étaient collées contre la muraille, les yeux baissés. La maîtresse versait un torrent de larmes. Les soupirs et les sanglots coupaient ses paroles. Enfin, jamais spectacle ne m'a paru plus triste et plus touchant. Je demeurai jusqu'à minuit avec elle, et je n'oubliai rien pour lui remettre l'esprit et lui faire connaître l'intérêt qu'elle avait de dissimuler son chagrin. » Louvois et Louis XIV ne prennent pas les choses au grave. « La scène de la signora adolorada, répond le ministre, a assez diverti Sa Majesté et je suis sûr qu'elle vous avait fort réjoui le premier (i). »
Courtin, l'ambassadeur de Portugal « qui se meurt pour M"« Mazarin, » M^^ de Sussex, Mme Middleton « qui est la plus belle femme qu'il y ait dans le royaume » sont sans cesse en parties de plaisir. L'ambassadeur de France donne des fêtes où l'on danse et où l'on joue à l'hombre. « Les galants des demoiselles y seront, et les filles se loueront de mon honnêteté et diront assurément que je sais vivre. Il faut être homme de plaisir en Angleterre ou n'y point venir (2). » Tout irait pour le mieux aux yeux de Courtin, si M. de Monaco ne s'avisait de s'éprendre de y[}^^ de Mazarin. Alors, adieu le beau projet de remplacer, le cas échéant, Louise par Hortense ! Adieu la tranquillité de ce logis où l'on se trouvait si bien ! «. Nous y demeurons tous jusqu'à minuit, écrit-il à Louvois, la maison est fort agréable et on y vit fort commodément. On y joue toujours à Vhombre. Je m'intéresse avec quelqu'un qui tient la carte et je suis dans une grande chaise au coin du feu, avec un des livres que je tire de la bibliothèque qu'a composée M. l'abbé de Saint-Réal. J'achevai avant hier la lecture d'Appian Alexandrin, c'est-à-dire un fort gros volume et je commençai hier les Annales de Tacite de la traduction
(1) Forneron. Louise de Keroualle, 117.
(2) Forneron. Louise de Keroualle^ 121.
LA GUERRE DES MAITRESSES
i^ de M. d'Ablancourt (i). » Tout le temps ne se passe pas > en lectures aussi sévères. Quand Mme de Mazarin et M«»e de
Sussex dînent chez l'ambassadeur, après minuit on représente les courses de Ne-wmarkett et comme les détails sont trop croustilleux, Courtin les efface de sa dépêche et les remplace par des détails sur les chaussures anglaises, les jupes courtes, les bas de soie verte, les boucles de diamants aux jarretières de velours noir portées au-dessus du genou, et un souvenir lui fait mêler à sa description ce trait qui n'a plus rien à faire avec la mode, qu'au « défaut du bas de soie, la peau est blanche et satinée (2). *
Ailleurs, il revient sur ses rapports avec Mme de Mazarin. « Mme Mazarin, dit-il, vit fort honnêtement avec moi. Je suis fort aise qu'elle soit ici pour tout ce qui regarde ma satisfaction particulière. Mais, comme je l'ai déjà mandé à M. de Pomponne, je vois fort bien qu'elle se cache de moi et qu'elle n'est pas contente du peu de considération qu'on a eu en France pour les demandes que le roi d'Angleterre a faites en sa faveur et je suis le plus trompé du monde ou elle est ici dans quelque intrigue (3). » Ce n'est pas une raison pour ne pas continuer la surveillance. « La comédienne, écrit Courtin à Louvois le 17 décembre 1676, n'épargne pas Mme de Portsmouth et c'est chez elle que le roi soupe fort souvent avec des débauchés et qu'on dit librement tout ce qu'on pense. » Quelques jours plus tardj Courtin revient sur la duchesse de Mazarin. « A l'égard de Mme Mazarin, la seule chose que je sais, dit-il, c'est que le roi découche fort souvent et qu'il ne revient qu'à cinq heures du matin se mettre dans son lit. Les courtisans les plus éclairés ne croient pas qu'il passe la nuit chez la duchesse de Portsmouth, il lui donne toutes les apparences pendant le jour, mais il se réserve de passer la nuit avec qui bon lui semble. » Le but de Courtin, c'est de persuader Louvois que Mme de Mazarin n'est la maîtresse de
(1) Forneron. Louise de Keroualle^ 124.
r2] Forneron. Louise de Keroualle, 124.
(3) Forneron. Louise de Keroualle^ 14S.
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Charles II que par manque d'argent. « Elle dépense beaucoup plus que les 2000 écus qu'elle reçoit de son mari, dit-il le 21 janvier 1677. » Puis, il entre dans des détails sur les relations de la belle duchesse avec le roi. « M'^e de Mazarin, écrit-il le 4 mars, a été depuis trois heures jusqu'à sept heures avec le roi; il y a deux appartements qui tiennent au sien, dans lequel on entre par plusieurs portes différentes dont il n'y a que lui et un valet de chambre de confiance qui ait la clef. » Cette vie de la Cour a pour résultat d'amener les rencontres les plus étranges. « Je vis avant-hier, écrit Courtin le 18 janvier, une assez plaisante scène. Mme la duchesse de Portsmouth était venue rendre visite à M^c Mazarin, ce qui ne lui arrive pas souvent. En même temps, la comédienne, qu'on appelle miss Nelly, venait remercier M^'^ Mazarin des compliments qu'elle lui avait fait faire sur ce que son fils avait été reconnu comte de Burford. Tout cela se passa néanmoins assez galamment et avec assez de civilités de part et d'autre's. Quand Mme de Portsmouth fut partie, la comédienne, qui était fort enjouée, me pria devant tout le monde de lui faire faire un présent par le roi (de France) me disant qu'elle le méritait bien, qu'elle servait mieux le roi d'Angleterre que M*"" de Portsmouth, me faisant entendre, et avec toute la compagnie, qu'il couchait plus souvent avec elle. On lui fit lever toutes ses jupes les unes après les autres; je n'ai jamais rien vu de si propre ni de si magnifique. Je n'en serais pas demeuré là avec M. de Pomponne, mais il faut être sage avec vous (i). » Quelques jours après, c'est une autre rencontre, Mme Harvey, Mme de Portsmouth et Mme de Mazarin. Elles se détestent. « On enferma deux ou trois fois les dames que l'on croyait mal ensemble, afin qu'elles pussent se réconcilier. Mme de Mazarin et Mme de Portsmouth sortirent en se tenant par la main, en sautant et dansant sur les degrés (2). »
(1) Fopneron. Louise de Keroualie, 138.
(2) Fomeron. Louise de Keroualie^ 140..
LA GUERRE DES MAITRESSES
jMme de Portsmouth va-t-elle se tenir pour vaincue ? Courtin ne le pense pas. « Mme de Portsmouth, dit-il, est revenue des eaux dans le meilleur état. Les courtisans croient qu'on l'attendait comme les moines font l'abbé. Mais il me semble qu'ils ont été trompés. J'apprends, néanmoins, qu'il y a déjà quelque temps qu'on la laisse au repos.
Mais, si elle continue à se bien porter, elle a une belle peau et je ne crois pas qu'on puisse être toujours auprès sans en avoir envie (i). » Voici, d'ailleurs, qu'un coup de tète d'Hortense modifie la situation et vient aider Louise à reconquérir Charles II.
La belle Romaine s'est amourachée du prince de Monaco. Vainement Courtin et Saint- Évremond s'emploient-ils à l'arrêter sur cette pente fatale des entraînements du cœur. Charles II, pour qui cette maîtresse d'hier n'est pas une habitude, lui retire la pension de 4000 livres sterling, qui l'aidait singulièrement à payer les livrées magnifiques qui préoccupent Courtin. Elle reviendra un peu plus tard à la Cour dans une demi-
Charies II en 1680.
Portrait par Peter Lely, gravé par A. Blooteling.
(Bibliothèque Nationale. Estampes.)
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(l) Fomeron. Louise de Keroualie, 146.