‹ La cour galante de Charles II [microform], d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 14 sur 22 · LA COTTR GALANTE DE CHARLES TI · texte numérisé non relu

LA COTTR GALANTE DE CHARLES TI

Charles II que par manque cVargent. « Elle dépense beaucoup plus que les 2000 écus quelle reçoit de son mari, dit-il le 21 janvier ihjj. » Puis, il entre dans des détails sur les relations de la belle duchesse avec le roi. « M^^e de Ma-arin, écrit-il le 4 mars, a été depuis trois heures jusqu'à sept heures avec le roi; il y a deux appartements qui tiennent au sien, dans lequel on entre par plusieurs portes différentes dont il n y a que lui et un valet de chambre de confiance qui ait ia clef. » Celte vie de la Cour a pour résultat d'amener les rencontres les plus étranges. « Je vis avant-hier, écrit Courtin le 18 janvier, une assez plaisante scène. M^o la duchesse de Portsmouth était venue rendre visite à M^^ Mararin, ce qui ne lui arrive pas souvent. En même tenips, la comédienne, qu'on appelle miss Nellv, venait remercier M"^^ Mazarin des compliments qu'elle lui avait fait faire sur ce que son fils avait été reconnu comte de Burford. Tout cela se passa néanmoins assez galamment et avec assez de civilités de part et d'autre^s. Quand Mme de Portsmouth fut partie, la comédienne, qui était fort enjouée, me pria devant tout le monde de lui faire faire un présent par le roi (de France) me disant qu elle le méritait bien, qu elle servait mieux le roi d'Angleterre que M"^*^ de Portsmouth, me faisant entendre, et avec toute la compagnie, qu'il couchait plus souvent avec elle. On lui fit lever toutes ses jupes les unes après les autres; je n'ai jamais rien vu de si propre ni de si magnifique. Je n'en serais pas demeuré là avec M. de Pomponne, mais il faut être sage avec vous (i). » Quelques jours après, c'est une autre rencontre, Mme Harvey, Mme de Portsmouth et Mm« de Mazarin. Elles se détestent. « On enferma deux ou trois fois les dames que l'on croyait mal ensemble, afin qu'elles pussent se réconcilier. Mme de Mazarin et Mme de Portsmouth sortirent en se tenant par la main, en sautant et dansant sur les degrés (2). »

(1) Forneron. Louise de Keroualle, 138.

(2) Forneron. Louise de Kerouallct 140,

LA GUERRE DES MAITRESSES

M'"^" de Portsmouth va-t-elle se tenir pour vaincue r Courtin ne le pense pas. « M™*^ de Portsmouth, dit-il, est revenue des eaux dans le meilleur état. Les courtisans croient qu'on l'attendait comme les moines font l'abbé. Mais il me semble qu'ils ont été trompés. J'apprends, néanmoins, qu'il y a déjà quelque temps qu'on la laisse au repos.

Mais, si elle continue à se bien porter, elle a une belle peau et je ne crois pas qu'on puisse être toujours auprès sans en avoir envie (i). » Voici, d'ailleurs, qu'un coup de tête d'Hortense modifie la situation et vient aider Louise à reconquérir Charles II.

La belle Romaine s'est amourachée du prince de Monaco. Vainement Courtin et Saint-

Évremond s'emploient-ils à l'arrêter sur cette pente fatale des entraînements du cœur. Charles II, pour qui cette maitresse d'hier n'est pas une habitude, lui retire la pension de 4000 livres sterling, qui l'aidait singulièrement à payer les livrées magnific^ues qui préoccupent Courtin. Elle reviendra un peu plus tard à la Cour dans une demi-

Charles II eu 1680.

Portrait par Peter Lely, gravé par A. Blooteling.

(Bibliothèque Nationale. Estampes.)

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