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(l) Forneron. Louise de Keroualle, 146.
faveur (i). Elle recouvrera sa pension, non point à titre de maîtresse, mais en restitution des sommes que le roi d'Angleterre a jadis reçues de son oncle le cardinal. Alors, au pavillon de Saint-James, que le roi lui donne pour résidence, on jouera d'une façon qui désole Saint- Évremond qui n'aime ni la bassette, ni le croupier Morin. • Hortense, dit-il,
Hortense joue à la bassette Aussi longtemps que veut Morin.
Vous veillez jusqu'au lendemain.
Plus d'opéra, plus de musique, De morale, de politique.
Beaux yeux, quel est votre destin ?
Périrez-vous, beaux yeux, à regarder Morin ? (2)
mais quand la duchesse de Mazarin disparaît de Whitehall, presqu'aussitôt, la duchesse de Gleveland en disparaît aussi. Charles II est dans une veine de justice distributive. Il a pardonné un Churchill, comme il pardonnait Hall ou Goodman; mais il ne pardonne pas des lettres où l'on se moque de lui. Il semonce la dame. « Tout ce que je vous demande, lui dit-il, et dans votre intérêt même, c'est de vivre désormais de façon à faire le moins de bruit possible, et qui que vous aimiez, je ne m'en soucie point (3). » Puis, le lendemain, il adresse à la duchesse de Cleveland une lettre l'invitant à s'absenter quelque temps outre mer. « Comme je suis vraiment fâché, lui écrit- il, de cette circonstance, vous pouvez être certaine que je ne le désirerai pas plus longtemps que cela ne sera absolument nécessaire, tant pour votre bien que pour mon service, et je désire que vous sachiez combien j'ai de peine à vous écrire cela, car il n'y a rien à quoi je sois plus sensible que
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(1) Amédée Renée. Les Nièces de Mazarin, 335. ■»
(2) Œuvres de Saint- Evremond, IV, 322.
(3) Ce sont les termes mêmes dans lesquels la duchesse de Cleveland rappelle cette conversation à Charles II dans là lettre qu'elle lui écrivait de Paris quelques mois après.
LA GUERRE DES MAITRESSES iSç
la bonté constante que vous m'avez montrée (i). » A Paris, la pauvre détraquée est reprise par cette rage des lettres intempestives. « Je vous avoue, dit-elle à Charles II dans une longue confession, que j'ai écrit une sotte lettre au chevalier de Châtillon (2). Tout ce que je puis vous dire pour me disculper, c'est que comme vous savez ce que c'est que d'aimer et qu'on, n'est .point maîtresse de soi-même, vous ne sauriez m'en vouloir,, puisque toutes les choses de ce genre sont finies entre vous et moi et que je ne pouvais vous faire aucun tort. » Puis, la dame s'en prend à l'ambassadeur, Ralph Montagne, qui a berné le roi comme « ui\ enfant naïf », qui veut supplanter Bob May et jouer les plus vilains tours du monde à la duchesse de Portsmouth. Montague lui a fait toutes les méchancetés qu'il pouvait parce qu'aimant le chevalier de Castillon, elle s'est refusée à devenir la maîtresse de l'ambassadeur. « Quant à sa conduite envers moi, elle me peinerait bien plus si ce qu'il a fait a été fait par votre ordre. Car, bieji que je sois pleine de soumission pour vos volontés et que je ne me plaigne point de ce qu'il vous plaira de m'infliger, je ne pense pas que vous ayez poussé les choses à cette extrémité pour moi. Il n'est point dans votre naturel de faire des cruautés à quelque être vivant que. ce soit. J'espère donc que. vous ne commencerez point par moi (3). » Charles H avait été vraiment joué par Montagne (4) qui avait, en outre, abusé de son nom auprès des ministres de Louis XIV. Un prompt départ pour l'Angleterre empêcha seul que le fils du comte Sandwich ne fût rappelé. Quant à la duchesse de Cleveland, son exil ne tarda pas à prendre fin et elle fut rappelée à la Cour.
(1) Jameson. Memoirs, 101.
(2) Le chevalier de Castillon était un capitaine des gardes du duc d'Orléans. « Il n'avait ni pain, ni sens, ni esprit, dit Saint-Simon, il avait fait sa fortune par sa figure. »
(3) Jameson. Memoirs, 96.
(4) Les curieux trouveront dans l'Histoire d'Angleterre, de Burnet, tome II, page 95, l'histoire de l'astrologue et de ses prédictions.
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Quelques mois plus tard, Charles II avait encore l'occasion d'intervenir dans les affaires d'une autre de ses anciennes maîtresses. Jacques How, un des jeunes petits maîtres de la Cour, s'était déclaré le patito de la duchesse de Richmond sans qu'elle daignât le regarder. Pour se venger de ses mépris, il prétendit posséder des témoignages écrits de ses faveurs. La duchesse s'en plaignit au roi qui chargea Monmouth, le comte d'Essex, lord Sunderland et le comte d'Halifax d'examiner l'histoire. La correspondance que produisit How se bornait à une lettre falsifiée. Le roi chassa How de la Cour (i).
Cependant, M«»e de Mazarin vivait à l'écart, menant assez grand train et accueillant la meilleure société. Les propos, qui s'échangeaient dans ses salons, ont été en quelque sorte saisis sur le vif, dans certaines pièces enfouies dans l'œuvre si touffue et si peu lue de Saint-Evremond. Témoin, ce dialogue de Mn»e Middleton et de M. Villiers tenu à quelques pas de la table où officiait Morin ;
M™» Middleton Dites-nous qui des deux vous semble la plus belle? De Mesdames Grafton ou Litchfield. — Laquelle?
M. Villiers Commencez, dites-nous, Madame Middleton, Votre vrai sentiment sur Madame Grafton ?
M""* Middleton De deux doigts seulement faites-la moi plus grande, Il faut qu'à sa beauté toute beauté se rende.
M. Villiers L'autre n'a pas besoin de cette faveur-là!
M"» Middleton Elle est grande, elle est droite...
M. Villiers Après cela ?
M"* Middleton Madame Litchfield, un peu plus animée, De tous ceux qu'elle voit se verrait fort aimée.
(1) Sidney. Diary, 1. 1, 100-122. L'incident est du 2 septembre 1679.
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