‹ La cour galante de Charles II [microform], d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 17 sur 22 · WWW^^^^^^^^^^^^^^A · texte numérisé non relu

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(1) Jameson. [Memoirs, p. 207,

Fin de Règne.

ENDANT quinze ans, dit quelque part Saint- Évremond, le ruban de soie qui serrait la taille de Mii« de Kéroualle unit la France à l'Angleterre.

C'est par elle que Louis XIV s'assure l'appui

de la flotte anglaise dans ses guerres avec la Hollande. A Solebay, à Southwold Bay, les marins anglais aident nos vaisseaux à résister à Ruyter.

Tandis que la duchesse de Cleveland avait voulu mener Xharles II par les menaces, la duchesse de Portsmouth, tantôt pleurant et tantôt jouant de cent malaises divers, réussissait à faire faire au roi tputes ses volontés (i). Or, ses volontés, c'étaient toujours celles du gouvernement de la France. La duchesse de Portsmouth en était arrivée à aller toujours au-devant des désirs du grand roi. Charles II prenait-il à part Barillon, son ambassadeur, c'était pour lui faire savoir qu'il s'engageait à ne point assembler le Parlement pendant plusieurs années jusqu'à ce que Louis XIV jugerait lui-même « qu'il y avait intérêt à le faire » (2). « Le roi, écrivait Barillon le 6 juin 1679, me fit dire par Mme de Portsmouth qu'il voulait me parler en particulier et que je me trouvasse chez elle quand tout le monde se serait retiré. Elle me dit que Votre Majesté peut, si elle veut, lui conserver sa couronne et l'attacher pour toute sa vie à ses intérêts, qu'il n'est plus question présentement de compliments et de paroles et qu'il faut que

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(1) Sidney. Diari/, t. II, p. 114.

(2) Dépêche de Barillon, 31 août 1679, citée par Forneron.

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Votre Majesté détermine s'il lui convient que l'Angleterre soit gouvernée par une république ou par un roi, que les affaires sont réduites à une telle extrémité que si Votre Majesté ne prend point le parti de soutenir la royauté, rien ne pourra empêcher que le Parlement dispose de la guerre, de la paix et des alliances (i). » Les adversaires de la politique française sont, plus que jamais, pénétrés de haine pour la chargée d'affaires de Louis XIV. « Vous devez savoir, écrit la comtesse de Sunderland à Sidney le i3 janvier 1680, que la duchesse de Portsmouth et le roi ont eu une grande ou plusieurs querelles quand vous avez, pour la première fois, parlé de la belle lettre de Barillon. Cette abominable gredine voulait que le roi vît Barillon en tête-à-tête et lui soufflait ce qu'il devait dire, si bien que notre ami aurait joué le rôle d'un rossignol (2). » Tous ceux qui tiennent du parti protestant, Monmouth comme Nell,se réunissent chez milady Orrery à Windsor et c'est là qu'on conspire contre la favorite (3). « La duchesse de Portsmouth, écrit à Sidney la comtesse de Sunderland, le 3o décembre, est chaque jour plus canaille ». Et huit jours plus tard : « Elle nous vendra ^certainement, si elle le peut, pour 5oo livres (4). »

Les services qu'elle rend sont tels que l'appui de Louis XIV lui est toujours acquis. C'est lui qui la réconcilie avec son père qui l'avait maudite. « Les services importants que la duchesse de Portsmouth a rendus à la France, écrit-il de sa main au vieux gentilhomme, m'ont décidé à la créer pairesse sous le titre de duchesse d'Aubigny pour elle et pour toute sa descendance. J'espère que vous ne serez pas plus sévère que votre roi et que vous retirerez la malédiction que vous avez cru devoir faire peser sur votre malheureuse fille. Je vous en prie en ami et vous le demande en roi. » Quant, en 1682, la duchesse de Portsmouth vient en France,

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