LA COUR GALANTE DE CHARLES M
votre commandement. Vous verrez alors ce que vous aurez à faire. Pour moi, pauvre diable, je ne serais pas en sûreté dans leurs mains et je ne veux pas y tomber. — Est-ce donc à moi qu'il faudra le reprocher ? s'écria le général. Que l'armée tienne pour moi et je tiendrai pour elle! ». A ces mots, tous les officiers furent debout, tirant leurs sabres et acclamant Monk. De l'accommodement du i5 novembre, il ne pouvait plus être question. Le lendemain, l'armée d'Ecosse, composée de 7 000 vétérans, marchait sur Londres. A cette nouvelle, les apprentis de la Cité s'assemblèrent par milliers, demandant à grands cris un libre Parlement. Les populations se soulevaient et refusaient de payer les taxes. La flotte qui, peu de semaines avant, déniait son concours, remonta la Tamise et se déclara contre le gouvernement des soldats (i). Lambert, qui s'apercevait enfin qu'il avait été joué, marcha de sa personne contre l'armée d'Ecosse, fut abandonné de ses troupes et fait prisonnier. Le Parlement Croupion rentra en possession de Westminster. Croyant satisfaire l'armée d'Ecosse en lui votant en signe de satisfaction des chaînes et des médailles d'or, il entendait reprendre, comme par le passé, la direction des affaires. Il comptait sans les dispositions de Londres et du pays tout entier. Il était universellement méprisé universellement détesté. Partout où passait Monk, la gentry se pressait autour de lui et le suppliait de rendre la paix et la liberté à la nation. Monk, taciturne et froid, demeurait impénétrable. Cependant, quand le 3 février 1660, il fit son entrée à Londres, les jours du Parlement Croupion étaient comptés. Le surlendemain, le général vint à Westminster recevoir les remerciements du Parlement. On lui avait préparé un fauteuil à la barre. Il refusa humblement de s'asseoir en présence de tant d'illustres personnages, mais, debout, il donna au Parlement, sur le ton le plus soumis, une série de conseils dont sa position faisait
(1) Macaulay. Histoire d'Angleterre depuis le règne de Jacques II, t. I» p. 161.
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votre commandement. Vous verrez alors ce que vous aurez à faire. Pour moi, pauvre diable, je ne serais pas en sûreté dans leurs mains et je ne veux pas y tomber. — Est-ce donc à moi qu'il faudra le reprocher? s'écria le général. Que l'armée tienne pour moi et je tiendrai pour elle! ». A ces mots, tous les officiers furent debout, tirant leurs sabres et acclamant Monk. De l'accommodement du i5 novembre, il ne pouvait plus être question. Le lendemain, l'armée d'Ecosse, composée de 7 000 vétérans, marchait sur Londres. A cette nouvelle, les apprentis de la Cité s'assemblèrent par milliers, demandant à grands cris un libre Parlement. Les populations se soulevaient et refusaient de payer les taxes. La flotte qui, peu de semaines avant, déniait son concours, remonta la Tamise et se déclara contre le gouvernement des soldats (i). Lambert, qui s'apercevait enfin qu'il avait été joué, marcha de sa personne contre l'armée d'Ecosse, fut abandonné de ses troupes et fait prisonnier. Le Parlement Croupion rentra en possession de Westminster. Croyant satisfaire l'armée d'Ecosse en lui votant en signe de satisfaction des chaînes et des médailles d'or, il entendait reprendre, comme par le passé, la direction des affaires. Il comptait sans les dispositions de Londres et du pays tout entier. Il était universellement méprisé^ universellement détesté. Partout où passait Monk, la gentry se pressait autour de lui et le suppliait de rendre la paix et la liberté à la nation. Monk, taciturne et froid, demeurait impénétrable. Cependant, quand le 3 février 1660, il fit son entrée à Londres, les jours du Parlement Croupion étaient comptés. Le surlendemain, le général vint à Westminster recevoir les remerciements du Parlement. On lui avait préparé un fauteuil à la barre. Il refusa humblement de s'asseoir en présence de tant d'illustres personnages, mais, debout, il donna au Parlement, sur le ton le plus soumis, une série de conseils dont sa position faisait
(1) Macaulay. Histoire d'Angleterre depuis le règne de Jacques II, t. I, p. 161.
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des ordres. Il représenta aux parlementaires l'urgence d'éloigner des emplois à la fois les Cavaliers et les Fanatiques. C'est ainsi qu'il désignait les sectaires, maîtres de la veille. Il raconta comment, assiégé sur sa route par une foule de pétitionnaires qui exprimaient le vœu de voir terminer la session, il leur avait répondu que son devoir était de protéger le Parlement contre toute violence, mais qu'en même temps, il les avait rassurés en leur rappelant la promesse, qu'avait faite cette assemblée elle-même, de mettre un terme à son pouvoir (i). Le Parlement Croupion entendit mal la leçon. L'attitude humble de Monk le trompa sur ses intentions réelles. D'autre part, le silence que gardait le général inquiétait et préoccupait les Londo' niens. La veille de son arrivée, cavalerie et infanterie s'étaient battues dans le Strand. Les bagarres allaient-elles recommencer? La Cité ne vit de salut que dans des élections qui renouvelleraient un pouvoir discrédité. Des manifestations s'organisèrent, réclamant de nouvelles élections et la dissolution de l'Assemblée. Alors, dupes de la souplesse de Monk, les parlementaires lui ordonnèrent de terrifier la ville. Le général, comprenant tout de suite les avantages qu'il pourrait retirer de cette consigne, l'appliqua dans toute sa sévérité brutale. Ses colonnes occupèrent la Cité comme prise d'assaut. Mais aussitôt il publiait sa lettre du 1 1 février, y reprenant les thèmes de ses discours du 5, signifiant à la Chambre qu'elle eût à voter des décisions rappelant ses membres exclus. Enfin, il déclarait se retirer dans la Cité, laissant des gardes pour veiller à la sûreté de la Chambre et du Conseil. En même temps, ceux qui avaient ses confidences rapportaient partout qu'en l'obligeant à marcher en armes dans la Cité et de lui retirer sa charte, on avait eu l'intention de les rendre, lui et ses officiers, odieux à la population (2).
(1) Guizot. Monk, p. 117.
(2) Pepys. Journal, 11 février 1659. Il convient de rappeler ici que les dates de Pepya sont celles de l'ancien calendrier. Il s'atrit donc . du 21 février 1660.
LA RESTAURATION
Aussitôt que ces déclarations furent connues, toute l'Angleterre devint ivre de joie. Le journal du bon bourgeois Pepys est l'écho de ces émotions : « J'ai vu, raconte- t-il après avoir analysé les événements de la journée, beaucoup de gens donner à boire aux soldats, leur offrir de l'argent et crier dans les rues : « Que Dieu les bénisse ! » et tenir maints bons discours... Dans Cheapside, il y avait de nombreux feux de joie et toutes les cloches des églises étaient en branle. J'ai compté 14 feux de joie entre Saint Dunstan et Temple Bar, et 3i au pont du Strand et 7 ou 8 dans King's Street. La foule se rassemblait autour de ces feux où rôtissaient les trains de derrière de tous les quartiers de viande enlevés chez les bouchers, et l'on n'oubliait pas les rasades. Les bouchers de May-pole dans le Strand imitaient le son des cloches, tout en dépeçant leur train de derrière. A Ludgatehill un étalier faisait tourner une broche chargée d'un quartier de viande qu'un camarade arrosait. On ne peut se figurer l'effet et la promptitude de l'événement. A l'autre bout de la rue, tout semblait en feu, et la chaleur était si intense que nous fûmes forcés de faire un détour pour continuer notre chemin (i). »
Monk se rendit au Guildhall pour accentuer par une nouvelle démarche l'attitude qu'il venait de prendre. « La dernière fois, dit-il, que je suis venu chez vous, c'était pour la plus désagréable besogne que j'aie faite en ma vie. Rien ne pouvait être plus contraire à mon penchant et aux obligations que j'ai à la Cité. Mais, comme ce qui est fait est fait, je ne puis qu'être très fâché de l'affront que vous avez souffert contre ma volonté. J'ai conformément à vos désirs écrit ce matin au Parlement, qu'il eût avant sept jours à expédier les décrets pour remplir les sièges vacants (2) et à fixer au 6 mai le jour de la dissolution, afin de faire place
(1) Les citations du Journal de Pepys sont empruntées à la traduction inédite, et malheureusement incomplète, de M™" Genevay.
(2) Au moment où l'armée avait confié le Gouvernement au Parlement Croupion, il n'y avait plus de présents à Londres que 42 membres (7 mai 1659).
LA RESTAURATION
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à un Parlement libre et complet (i). » A ces paroles, la salle retentit d'acclamations et l'aie recommença à couler et le ciel à flamboyer toute la nuit, jusqu'à cinq milles de distance autour de Londres. Le Parlement Croupion, obligé de rappeler les membres exclus, se consolait du moins par la pensée que, plus que jamais, Monk déclarait qu'il s'opposerait de toutes ses forces au Gouvernement de Charles Stuart et au pouvoir d'un seul : « Qu'ai-je donc fait, disait-il d'un air bonhomme, en ramenant des membres exclus qui vous doive inquiéter? Si d'autres ont fort justement fait tomber la tête du roi sur l'échafaud, n'est-ce pas ceux-là qui l'y ont conduit? (2) » Malgré le soin qu'il prenait à les rassurer, les parlementaires conservaient quelque inquiétude. « Qu'avez-vous l'intention de faire? disait à Monk un de ses intimes. — Une république, je rai toujours voulue et je la veux encore. — Je dois vous croire, répondit l'ami, mais je ne puis m'empécher de me rappeler le conte de ce tailleur de campagne qu'on rencontra un jour chargé d'instruments à travailler la terre. On lui demanda ce qu'il allait faire. « Prendre, dit-il, la mesure d'un habit. — Quoi! avec une bêche et une pioche. — Oui, c'est comme cela que l'on fait aujourd'hui (3). » De son côté, Pepys, qui voyait les soldats escortant les membres exclus à Westminster et entendait Monk haranguant à Whitehall et parlant contre Charles Stuart et en faveur de la République, commençait à trouver en luimême, ainsi que .ses amis, la force de manifester leurs sentiments royalistes. Le soir du 21 février, après dîner, il allait au café avec eux. Là, dans une chambre particulière donnant sur la rivière, « nous nous amusâmes à faire de la musique et j'entendis chanter des chansons espagnoles, italiennes et un canon pour huit voix, récemment composé par M. Locke, sur ces paroles : Domine salvuni fac
(1) Guizot. Monk, 129.
(2) Guizot. Monk, 138.
(3) Guizot. Monk, 149.
regem (i). De nos fenêtres, nous contemplions avec bonheur la Cité toute flamboyante d'un bout à l'autre, les feux de joie si nombreux et nous entendions les cloches qui carillonnaient de tous côtés. » Quelques jours après, le 2 mars, il notait dans son journal : « La Chambre est en désarroi. Elle ne sait en quel nom publier les décrets pour l'élection du prochain Parlement et l'on prétend qu'en pleine Chambre, M. Price s'est écrié : « Au nom du roi Charles! » Et tous les jours, l'impression s'accentuait. « Chacun boit ouvertement à la santé du monarque, ce qu'on n'osait faire il y a quelque temps. » Le portrait du roi Charles était accroché dans beaucoup de maisons, sans que les habitants fussent inquiétés. Quelques années avant, c'était un cas pendable, mais maintenant, le Parlement était si haï et si méprisé que l'on entendait les garçons bouchers crier : « qui veut acheter le train de derrière et les rognons du Parlement: » Et l'on voyait de jeunes enfants faire des feux dans la rue pour brûler les trains de derrière. Vint le jour de la dissolution du Long Parlement. Un peintre monta sur une échelle et effaça à l'aide d'un pot de couleur et d'un pinceau l'inscription que l'on avait mise sous la statue de Charles \^^ dans la Bourse Royale : Exit tyrannus regem ultimus anno liber tatis Angliœ anno domini 1648 XXX Januarise (2). Cela fait, le peintre jeta le pot et le pinceau en jurant qu'il ne se servirait plus de ces instruments qui avaient eu l'honneur d'effacer l'inscription des rebelles. Ensuite, il descendit de son échelle sans avoir été inquiété. Tout au contraire, les marchands témoignèrent leur contentement et la foule rassemblée autour du peintre alluma sur l'heure un feu de joie à la Bourse (3). A bord de la flotte, on s'exprimait très librement sur la restauration. L'amiral qui la commandait, Milord Mon-
(1) !Seig"ueur, sauve le roi.
(2) Il n'est plus, le tjran, le dernier des rois, année de la liberté de l'Angleterre, année du Seigneur, 1648, 30 janvier.
(3) Rugghe. Diurnal, à la date du 16 mars 1660.
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taigue, déclarait à Pepys que Monk était acquis au roi. On recevait à bord des Cavaliers qui allaient le rejoindre en Hollande.
Les négociations avec Monk était fort près d'aboutir. Lambert s'étant évadé, tandis qu'Ingoldsby le poursuivait, Monk avait appelé auprès de lui sir George Greenville,' l'agent de Charles II : « Si Ingoldsby est battu, lui avait-il dit, et que l'armée se joigne à Lambert, je me déclarerai pour le roi, je publierai ma commission et je ferai armer tous les royalistes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. Ayez soin qu'on soit en mesure de recevoir mes ordres. » L'accord se fit sur les bases suivantes : Une amnistie générale, sauf envers ceux que le Parlement croirait devoir excepter, la promesse de consentir à tout acte jugé nécessaire pour garantir les ventes des biens et les arrérages de l'armée. Enfin, la liberté de conscience, autant qu'elle serait compatible avec le bon ordre. Les conditions de Monk étaient écrites. Mais, par excès de précautions, après les avoir fait lire au négociateur, Monk brûla le papier, en recommandant à George Greenville de ne les répéter qu au roi et sans intermédiaire. Greenville s'embarqua sans retard, et se rendit à Bruxelles.
Cependant, l'enthousiasme des masses populaires avait assuré l'élection d'un Parlement qui répondait aux aspirations des électeurs. Les Presbytériens formèrent la majorité de la nouvelle Chambre. La restauration semblait faite, et l'unique difficulté, c'était l'humeur sombre et sauvage des soldats qui détestaient à la fois la royauté, les Stuarts, le presbytérianisme et l'Épiscopat. Il y avait là 5oooo hommes dont le mécontentement paraissait à ménager. Même sans chefs, même désunis, leur désespoir pouv'ait être redoutable. Monk et ses conseillers sentaient la nécessité de désarmer leur colère. Cantonnée depuis plusieurs mois dans Londres, séduite par les promesses, les flatteries et les procédés généreux de la population, l'armée d'Ecosse était conquise. On entama par les mêmes procédés les régiments puritains et beaucoup de ces saints personnages
LA RESIAURATION
crachèrent des versets de la Bible mélangés aux hoquets de l'ivresse. L'argent ne fut pas oublié non plus (i). Tous ceux qui travaillaient à l'œuvre de la restauration y trouvaient leur compte, puisque, aux richesses que leur avait values leur rôle dans la révolution, ils ajoutaient le prix de leurs services pour restaurer la monarchie (2). Le 11 avril, la corporation des pelletiers, lors de la fête offerte au général Monk, remplaçait les armes du Parlement par celles du roi (3). Le 22 avril, la corporation des merciers commandait une statue du roi qui devait être placée dans la Bourse (4). Dans tous les comtés, les milices bourgeoises étaient appelées sous les armes, prêtes à fournir 120000 hommes. Londres seul équipait 20000 citoyens que Monk passait en revue dans Hyde Park et c'est sous la protection de ces boutiquiers et de ces bourgeois que le nouveau Parlement s'assemblait à Westminste'r (5).
Depuis plusieurs mois, Charles II attendait l'instant favorable. Il avait d'abord attaché une grosse importance aux négociations suivies entre Mazarin et l'Espagne et desquelles il avait espéré voir sortir quelque combinaison diplomatique qui lui serait favorable. La reine Henriette- Marie s'était chargée de plaider sa cause auprès du cardinal, dût-elle pour la gagner solliciter pour son fils la main d'Hortense Mancini. Vaines espérances, Mazarin avait décliné pour sa nièce l'honneur de partager un trône
(1) Macaulaj. Hisi. d'Angleterre depuis Vai^ènement de Jacques II, t. I, p. 168. *
(2) Pepys, par exemple, note dans son Journal, au 3 juin 1660, qu'il avait 20 livres en s'embarquant, qu'il en a maintenant 800. Au mois d août, il constate que les proEts résultant de son emploi sont bien supérieurs à ce qu'ils étaient du temps de Cromwell. Aussi se repent-il d'avoir été Tête ronde dans sa jeunesse, et n'aurait-il aucune fierté si quelque camarade lui rappelait le laneajre qu'il tenait le jour de la mort du roi. 001
(3) Journal de Pepys.
(4) Journal de Pepys.
(5) Eu même temps que s'assemblait la Chambre des Communes, les Lords reprirent siège dans la salle d'où ils avaient été chassés moins de onze ans avant.
qui n'était pas restauré, et l'envoyé espagnol, don Luis de Haro, s'était confondu en protestations stériles. Le traité des Pyrénées n'avait rien amené d'heureux pour Charles II et, après une courte visite à Colombes où sa mère et sa sœur avaient fixé leur résidence, il était retourné à Bruxelles pour y attendre les événements (i). Malgré son refus d'une intervention personnelle, Mazarin suivait et faisait suivre avec beaucoup d'intérêt par son ambassadeur à Londres, M. de Bourdeaux, les fluctuations de l'opinion et les actes de Monk. Un moment même, il lui parut utile de jouer un rôle actif. M. de Bourdeaux fit appeler Clargis et dans le mystère de son cabinet lui fit des ouvertures précises : « Le général, lui dit-il, a quelque grand dessein. Tout le monde le voit. Il veut sans doute, ou se faire roi lui-même, ou ramener le roi. Eh bien, dans ces deux cas, personne ne peut lui rendre les mêmes services que moi. Un Anglais se compromettrait; moi je ne cours aucun risque. Mais ce n'est pas de moi qu'il s'agit, c'est du cardinal, car, il convient que vous le sachiez, le cardinal a été l'allié intime d'Olivier Cromwell. Cromwell n'a pris le pouvoir qu'avec sa participation, c'est le cardinal qui l'a guidé pas à pas dans toute cette affaire. » Clargis éluda, se disant un trop petit personnage pour s'occuper de si grands intérêts. Quant à son beau-frère, il s'en remettrait à la décision du Parlement (2). Mazarin était entré trop tard en ligne ; personne n'avait besoin de son concours.
Le ler mai 1660, cette comédie qui ne trompait plus personne prit fin. Ce jour-là, Pepys, qui était à Deal, note que la ville était en fête. « Les drapeaux du roi flottaient au haut des arbres du mai. Les habitants à genoux ont bu à sa santé dans la rue et ont tiré le canon, malgré les soldats du château qui les menaçaient très mollement, à ce qu'il paraît. » A Londres, Greenville se présentait à la
(1) Comte de Bâillon. Henriette- A une d' Angleterre ^ duchesêe d'Orléans, p. 27-29.
(2) Guizot. Mon/f, 155.
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