‹ La couronne de la justificationChapitre 3 sur 5 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

Birch. I am creator in your heart.

Pierrot. J'ai la bienveillance de tes cœurs.

— Je suis formé de vos cœurs.

Birch. I make myself by for the eldest.

Pierrot. Je me présente en grand, fils du très grand.

— Car je suis le grand, fils du très vénérable.

Birch. I hâve not given to the profame. I come toyou. Pierrot. Il ne m'est pas fait de mal, j'apparais vers vous.

— Je ne me suis pas livré à ces péchés qui sont dans vos bouches (8).

Birch. The well has corne through me, I wash in the pool of Peace.

Pierrot. Je traverse le courant en homme pur dans le bassin de conciliation.

— Le produit du terrain, qui est à lui, est pour toi. Je suis lavé dans le bassin de la pacification.

Birch. I draw waters from the divine Pool under the two sycomores of Heaven and Earth.

Pierrot. Je suis sauf par la couronne sacrée du sycomore.

— Je suis mis en équilibre qar la couronne divine sous les sycomores.

Commentaire.

(1.) z^^ vXk^' ^^ ^'®^* accoutumé dans les publications de divers savants , parmi nos collègues, à traduire cette expression par vérité de la voix, ou faire vérité la parole. On a choisi cette expression parce qu'on craint de ne pas représenter assez précisément l'idée de l'ancienne Egypte en se servant du mot de justification. Or Brugsch a démontré, à ce qu'il me semble, la justesse de notre traduction , dans le supplément de son dictionnaire , p. 533 et ss. , als Siéger hervorgehn nach einer richtlichen Verhandlung, die Rechtfertigung.

(^> ^^^wtlfîJ^AM;) ""^'"^

tui-anxt, merut, ntr-u.

Je traduis ce passage par ce frontal vivant aimé de tous les dieux, Mr. Birch traduit m-hat, par forepart, front le t. ' Dans le dictionnaire de Mr. Brugsch, supplément

pag. 75, on lit la forme -j^ ^^^ -=^2^=^ ^ das Diadem

das was an seiner Stirn ist, suivi du pronom démonstratif, le participe au féminin. Je crois que cette signification est celle de notre texte.

(3.) &sk t"^ *^^ Ce mot signifie morceau de viande, et, de là, sa chair et son sang, sa progéniture, l'héritier, l'héritage. L'héritage de Seb, le domaine dont Seb est le possesseur et dont son fils est l'héritier. Seb t'a légué , ou a ordonné pour toi, tout son domaine.

(4.) ^ V^l^^â^ la variante est (] ^ C'est

une forme de l'optatif de hknnu, louer, louage, hymne.

(5.) s^ ^v ^ tous les textes ont t m - 1 i après le mot

tu-t mrs. Birch et Pierret ne le traduisent pas; je crois qu'il faut tenir compte de ce mot. On pouvait penser , d'après les textes de de Rougé et de Leide XVI, à la forme >f^ â

cause des phonétiques J ^^r mais le Todtb et la description ont sgy, c'est pour quoi je traduis la phrase, ïioïï pas par les deux terres ensemble, mais par les deux terres bien organisées, perfectionées.

(6.) û^ y^^ ^ ^^^ atur désigne une résidence

du dieu suprême, c'est ainsi que le ciel inférieur, de même que le ciel supérieur est divisé en douze atur ou terrains, où réside d'heure en heure le dieu soleil. Les deux atur sont alors, soit toute l'Egypte divisée en deux terres, ou mondes, ou empires distincts, le Sud et le Nord, la haute et la basse Egypte, soit l'univers entier, divisé en deux, le ciel inférieur et supérieur. C'est dans ce dernier sens que je prends le mot dans notre phrase, puisqu'il y est mis en rapport avec les dieux.

(7.) Chapitre 97 , 2. La phrase initiale fait deviner l'idée de l'auteur : Moi je suis un bien-formé , ou je suis formé dans

vos coeurs , ou de vos coeurs. Le défunt se déclare identique à l'être suprême, ou à un être du rang le plus élevé. Le déterminatif /H démontre qui'l s'agit du cœur lui-même, et non pas d'une préposition.

(8.) La phrase pr-r-tn du Todtenbuch est probablement fautive, Rit. de Rougé et Leide XVI ont tous les deux la formule :

5lîf^SlL

Les péchés qui sont dans vos bouches, c'est^à dire : le défunt s'est excusé des péchés qu'il n'a pas commis. Il faut supposer que la confession négative était une réponse sur à demande. Le dieu demande : As-tu blasphémé contre ton père? Réponse: Je n'ai pas blasphémé contre mon père. Les péchés dans la bouche des dieux sont donc les péchés désignés pai* les dieux du tribunal.

<a, - -"■- ^Lî^LsCJ/f

Mas n-utb-fhr-k, comme lisent les manuscrits de Rougé et Leide XVI, est fort difficile à comprendre. Mas est ce qui est apporté, ou apporter, on le dit des ofl&.'andes, ce qui est apporté, les produits du champ, la récolte. Utb est un mot qui permet des traductions différentes selon les déterminatifs. Ici je crois que c'est le mot Uteb dans le sens de terrain à côté des rivières, de dune ou de sables des bords de l'eau.

„Le produit de son terrain, du défunt, est pour toi." Ce serait donc le sens de la phrase.

(10.) Le reste ne présente pas de difficultés sérieuses.

Mr. Bîrch âT méconnu le sens du mot m e h u et Pierret celui du mot Xer,. au dessous de; c'est sous le sycomore que le défunt est lavé et purifé et qu'il reçoit la couronne sacrée, à l'entrée de l'enfer.

(11.) L'inscription du contour de la caisse de momie W. 10 de Leide est deux fois répétée. Les variantes sont de peu d'importance ; la première est une variante de phrase. Ils donnent à ton ame à voir le disque solaire ; l'autre texte dit: ils donnent à ton Aohu, espeit, de sortir pour voir le disque solaire. Pour le sens , elles ne présentent pas de différence réelle.

(12.) La seconde variante se lit, nsm-urt, la barque vénérable ou grande, tandisque l'autre texte a nsm- Ur-u, la barque des vénérables, ou grands.

(13.) » y ^:zSP l Heb-ha-nebu, cette fête se célé-

brait probablement au printemps. On peut traduire par fête des jardins. Les jardins étaient mesurés pour ceux qui y avaient droit, après l'inondation, Brugsch dict. p.

967 , où il cite le mot p;;^ ^ et supplément p. 794.

(14.) Nas-u se lit dans la variante n as-nu. La dernière forme doit représenter la forme plurielle ^ i peu usitée.

(15.) Haken est déterminé dans le texte, soit par le couteau, ^==. soit par le bras armé; le mot signifie oindre, dérivé de hkn, huile à oindre.

(16.) Le groupe ^^ se lit mahu, et signifie couronner;

la forme pleine peut se voir ci-dessus. Le verbe comme tel se recontre ici pour la première fois. A la fin de la phrase

nous le rencontrons encore dans la forme ^^ r^ le

champ du couronnement, probablement un jardin où l'on cultivait les plantes pour les couronnes des momies.

(17.) Le texte est mutilé après le mot mâche ru. D'après le doublet le mot pr doit suivre. Pr-k, tu sors, de quoi? du ^^. Ce mot doit être la ^EL,. Ea forme plus

longue est m '^ ( ( " * ou ra (1 (1 Comp. Brugsch ,

Lex. 891 et supplément, 745, un palais, propylée, les pylônes d'entrée. Tu quittes les pylônes à Tintérieur, ou au dedans; c'est-à-dire, il entre le enfer

D ^^CTD ou Vv ^ cr3i. Le signe o doit selireiciXennu

Comp. Br. dict. p. 1094. Le signe Xennu'O se rencontre

comme déterminatif figuratif après le mot \^ ^^ D Br.

dict. suppl. p. 935.

(18.) La variante bien lisible de [1 nK n est R ctd "^TH

Toutes les deux sont fautives, mais faciles à rétablir par

n*nS ^3:^, Tu éclaires.

(19.) ^ „, -^* A ttu , déterminé par les deux signes

j= , désignant la moitié d'un objet , une aune, signifie les deux parties du monde inférieur. On se figurait le monde sous la forme d'un plat oblong , rond aux deux extrémités, séparées en deux par le Nil terrestre, le Nil infernal, et le Nil céleste. Le soleil naviguant sur ce Nil illuminait alors les deux parties de ce monde, le côté gauche et le côte droit. At signifie une partie. Les deux a ttu, sont ici pris au pluriel , c'est donc une série de plusieurs paires d'à 1 1 u , parce qu'à chaque heure, soit de la nuit, soit du jour, le soleil parcourait un autre compartiment ou subdivision du monde, divisé de la même manière.

(20.) ^h^ selithab-k, m '^ J 'Ni' ^ s'approcher

de, entrer, comp. Brugsch. Dict. Supp. 748. Ici, monter dans le bassin de la balance.

(21.) Hkn ou hnk, le bassin de la balance, d'après Br.

dict. p. 970 , ou Té q u i 1 i b r e ; le déterminatif du mot paraît trancher la question en faveur de Téquateur.

(22.) S-x e f-n-o h-u , un. bandeau de fleurs; toutefois h est déterminé plus d'une fois par une couronne et signifie alors une couronne de fleurs, comme nous disons j'ai des fleurs, pour un bouquet de fleurs etc.

Les fleurs étaient cultivées ou coupées dans le champ aN^

axem et le champ ^^ du couronnement. Le premier

mot se rencontre peut-être sous les formes ^ ^^ » ^ v> i

Le signe ;^\^ est douteux, mais je ne saurais le lire autrement. Certainement la phrase a en vue la culture spéciale de plantes ou de fleurs pour les couronnes des momies.

(23.) On rencontre le texte dans les Tempelinschriften de Dûmichen PL LXII. Un des Ptolémées offre deux feuilles oblongues , comme celles des couronnes , aux dieux. Le texte est fort mutilé, mais puisqu'il contient une allitération, on peut, sans beaucoup de peine, le reconstruire ainsi:

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