LA JOLIE MEUNIÈRE
Déjà les fleurs qui bourgeoon«nt RajeunisEeQt les vergers.
Tons les êcbos ne résonnent Qne de chaînons de bergers.
Les oiseaux témoins de l'afTaire
Une Campagne prinlaniÈre Se p&me aux premiëres chaleurs.
Cachée à demi sous les fleurs Rit la maison de la meunière.
Devant la porte, une jument S'impatiente. Sur la selle.
Brodée eu or fin, étincelle La grenade du rég^iukent.
Dans la verdure accoutumée, Un coucou chante sur le toit ; Avec un beau soldat du roy, Madame Rose est enfermée.
Le soleil flotte en or léger Sur le bob, où la feuille est tendre.
Par intervalle, on croit entendre Im cornemuse d'un berger.
- La maisonnette solitaire Nous conte, avec ses longs rideaux Dont rien n'agite le repos, Qu'on j célèbre un doux mystère.
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Le temps s'écoule... Au cadran bleu Sonne enfin l'heure inexorable ; La porte s'ouvre. l'adorable Créature au chig'uon de feu I
Sa bouche où flotte un long sourire, Son beau front pâle un peu lassé, Ses yeMX battus disent assez Ce qu'an vers ne saurait décrire.
Le jeune officier tout en or.
Joli comme un biscuit de Sèvres, Pour k hausser jusqu'à sa lèvre, La tient suspendue à mi-corps.
Autour d'eux, danslasolîtude,
Les fleurs s'ouvrent comme autant d'jeux ;
Us prennent le baiser d'adieu
Où se mêle une inquiétude.
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li'Amoui" dans l'air circule épars.
Tout rit et chante ; il fait bon vivre ; Quand, sonnant la retraite, un cuivre, Là-bas, ébranle les remparts.
Il saute, empoignant la crinière, Sur sa bote, et détale au loin, Etbientôt il n'est plus qu'un point Perdu dans un flot de poussière.
Maïs Elle, devant sa maison, Du regard fouillant l'étendue, Demeure, immobile et perdue, Debout, sur le clair horizon.