I,A PLACE ROYALE
Etre un Joli p«tit œousqaetaire qui passe 1
Hauts toits d'ardoises, façade De brique, ombrages fleuris, Voici la Place Royale Un beau dimanche à Paris.
Une foule bigarrée S'emploie à tuer le temps.
De qui la rie assurée Est dure à tuer pourtant.
Digiiir^df/Googlc
Oq voit la maréchaussée Autour d'un Faiseur de tours, Tandis qu'ailleurs, exercée.
Œuvre la maia des âlaus.
Les cheveux en cadenettes.
Un brelan de Freluquets Se rengorge et fait manchette Auprès de Manon Friquet.
La Grenade, La Verdure, Joli-Cœur, le fanfaron, Vont, suivant leur habitude, Ouïr vépre aux Percherons.
C'est encore La Ramée, En costume de sergent, Qui racole, pour l'armée, Les (j^argons à prix d'argent.
.df/Googlc
Ll LÂOENDS BLEUE
Clic ! Clac ! Démarre un carrosse.
Roxaae, assise au milieu, Montre qu'elle est à la noce Entre Le Fare et Chaulieu.
Don Garcie, à la portière, En s'inclinant jusqu'au sol, Fait admirer les manières Galantes d'un Espag^nol.
Deux amis, la beâaine ample, Réjouis, de bonne humeur.
Vont rendre visita au temple A monsieur le Grand Prieur ;
Et, s'appujant sur leur cann< A large pommeau d'arg'ent.
Se chuchotent l'épigrarame Dernière sur le Régent.
.Ciil^o
Un juif, en veste ouvragée, Promène sur un plateau, Parmi des sacs de dragées, Une gamme de sirops.
Tout le peuple égayé fête
Le dimanche avec entrain,
Des cris, des enfants qu'on fouette.
Des trompettes, des crincrins,
Des jurons de corps de garde, Des gens qu'on bouscule un peu, Des chiens à qui, par mégarde, On a marché sur la quene,
Des parfums de pîmprenelle.
De bergamote, une odeur D'&cre poussière où se mêle Comme un relent de sueur,
.df/Googlc
Des lumières, des paillettes, De la foule en mouvement, Tant qu'il en monte à la tête Un vague élotirdissement.
Et c'est aÏDsi jusqu'à l'heure De la soupe à la maison.
Seul le poète demeure Pour une bonne raison.
Prenant à témoin la lune Qui se marie aux ruisseaux, 11 dit l'ode à la fortune De Jean-Baptiste Rousseau.
.df/Googlc